Des nuages bleus et fluorescents brillent en pleine nuit : le seul créneau pour les observer en France
Les nuages noctilucides passionnent les astronomes et les passionnés d'événements célestes : ils ne sont visibles que pendant une fenêtre très restreinte et il ne reste plus que quelques jours pour en profiter. L'Association Française d'Astronomie conseille de fuir la pollution lumineuse des villes.
Entre la Nuit des Etoiles et l'éclipse solaire, le mois d'août est riche en événements célestes. Mais ce n'est pas tout : depuis quelques jours, de grands nuages bleus appelés "nuages noctilucides" ou "noctulescents" émerveillent les férus d'astronomie. Si ce phénomène fascinant attire les curieux chaque année, cet été nous gâte particulièrement car ils sont exceptionnellement lumineux et visibles plus au sud que d'habitude. Mais attention, il ne reste plus que quelques jours pour admirer ces drapes bleues et fluorescentes qui brillent en pleine nuit.
Selon la physique atmosphérique, la saison d'observation de ces voiles fluorescents touche bientôt à sa fin en France métropolitaine. Concrètement, le réchauffement progressif de la haute atmosphère à la fin de l'été va stopper net le phénomène. Sans cette fraîcheur extrême à 85 kilomètres d'altitude qui permet la condensation des cristaux de glace, ces draperies bleutées vont totalement s'évanouir.
Le dernier délai extrême se situe entre le 5 et le 10 août. Passé cette date, la probabilité d'en apercevoir chute drastiquement et il devient pratiquement impossible d'en observer sous nos latitudes. Le spectacle commence dès la fin du crépuscule. Les astronomes rappellent qu'un paramètre clé guide leur apparition : la position du Soleil sous l'horizon. Très étincelants, ces nuages ne deviennent visibles que lorsque le Soleil éclaire par en dessous leurs cristaux de glace mésosphériques. Pour ces nuages fluorescents, les meilleures fenêtres d'observation se situent entre 1h30 et 2 heures après le coucher du soleil (soit vers 22h30-23h30) ou juste avant l'aube (entre 3h30 et 4h30). C'est à ce moment-là que l'entrelacs des lignes bleutées se détache le mieux sur l'horizon Nord.
Pour savoir si le ciel de votre région permettra d'en apercevoir, vous pouvez consulter la carte des prévisions météo et des observations amateurs mise à jour en temps réel sur les sites d'astronomie (AstroSpace par exemple). Après ce créneau fatidique, il faudra patienter jusqu'au mois de juin de l'année prochaine pour en apercevoir de nouveaux.
Pour profiter au maximum de cette vision magique, aucun équipement coûteux n'est requis (pas besoin de télescope ou de matériel complexe). Tout peut se regarder à l'œil nu. L'Association Française d'Astronomie conseille de fuir les lumières de la ville, de s'éloigner le plus possible de la pollution lumineuse urbaine au profit des campagnes, des plages ou des zones de montagne qui restent les meilleurs spots. Mais aussi de laisser à ses yeux le temps de s'adapter à l'obscurité et de regarder vers l'horizon Nord pour embrasser l'ensemble de ces lueurs féeriques.