Après plus de 3 années de souffrance physique et psychologique, Arnaud Denis a pris la décision de se faire euthanasier en Belgique. Ce comédien, metteur en scène et dramaturge français âgé de 43 ans, souffrait des complications liées à la pose d'un implant pour soigner une hernie inguinale. Depuis le 17 juillet 2023, il endurait un calvaire à cause d'une prothèse en polypropylène associée à de potentiels effets indésirables notamment le syndrome ASIA (syndrome auto-immunitaire/inflammatoire induit par les adjuvants). Ce syndrome correspond à une réaction anormale et persistante du système immunitaire, qui peut être déclenchée par la présence d'un matériau ou d'une substance étrangère dans l'organisme.

En juillet 2025, Arnaud Denis partageait sur Facebook : "Deux ans que je me dégrade inexorablement. Je ne peux presque plus marcher. Je ne peux plus tenir mon dos. J'ai peur. Je n'ai plus de voûtes plantaires, mes pieds me font mal, ma colonne vertébrale se déforme et se tasse sur elle-même." Face à son désarroi et le fait que selon lui "les médecins n'ont plus rien à me proposer", la décision de recourirà l'euthanasie a été prise en concertation avec 3 médecins de Namur. Le comédien français souffrait de douleurs chroniques invalidantes et "inhumaines". Peu à peu, il a perdu son autonomie. Après une bataille juridique, son dossier a été classé sans suite par la justice à la fin du mois d'août 2026 pour "infraction insuffisamment caractérisée". Arnaud Denis a alors décidé de médiatiser son combat. Cette "maltraitance médicale" selon ses dires, l'a amené à annoncer publiquement son désir de mourir dignement. 

Avant cette décision finale, Arnaud Denis a créé un collectif nommé Victimes françaises des prothèses de hernies afin de recueillir les témoignages de patients qui vivent le même calvaire que lui et font face au même manque d'informations sur les risques de complications liés à la pose d'implants anti-hernie. Le collectif exhorte l'Agence nationale du médicament (ANSM) à alerter sur les effets indésirables de ces prothèses. 

Plus de 200 patients porteurs du même type de prothèses ont dénoncé en juillet 2026 des complications post-opératoires, notamment des douleurs sévères chroniques, une incapacité de travailler ainsi que l'usage de cannes ou de fauteuil roulant, diminuant drastiquement leur qualité de vie. Jusqu'à 200 000 personnes pourraient être concernées sur le territoire national. Le problème a éclaté en France en 2017-2018, lorsque des patients de tout âge ont signalé que certaines prothèses défectueuses ou mal conçues causaient des réactions indésirables. En cause : un défaut de conception et des matériaux de mauvaise qualité utilisés par certains fabricants.

L'ANSM a mené des études sur ces dispositifs, confirmant les risques sanitaires. Plusieurs fabricants, dont Johnson & Johnson et Medtronic, ont retiré certains de leurs produits du marché. Si les plaintes sont à l'étude par l'ANSM, la Société de chirurgie pariétale et autres sociétés savantes rappellent que l'efficacité du dispositif est validée scientifiquement par plusieurs études. Elles rappellent aussi que le taux de complication grave est très faible.