C'est la cadence de marche parfaite : elle bloque le déclin cognitif, même à 80 ans
En pleine saison estivale, une étude révèle que marcher à cette vitesse est associé à des performances cognitives exceptionnelles en vieillissant.
Le déclin cognitif lié à l'âge n'est pas une fatalité. Une nouvelle étude publiée dans Neurology le suggère en apportant une piste inattendue : la vitesse de marche est un indicateur précieux de la santé cérébrale en vieillissant. "Le principal enseignement de notre étude, c'est que les "super marcheurs" ont environ 50% moins de risques de développer un déclin cognitif. C'est très impressionnant", note d'emblée le Dr Sofiya Milman dans NPR.
Les chercheurs, parmi lesquels le Dr Milman, ont analysé les données de près de 4 000 adultes de plus de 80 ans. Chaque volontaire a passé un test de marche chronométré et les 9% les plus rapides ont été désignés comme des "super marcheurs". Ces personnes avaient des performances cognitives exceptionnelles. "Les personnes ayant une mobilité très rapide présentent un déclin cognitif plus lent, tant au niveau de la mémoire que des autres fonctions cognitives" partagent les auteurs. Elles ont également "un volume hippocampique préservé". L'hippocampe est une région essentielle du cerveau. Le fait que sa taille diminue peu avec l'âge est un marqueur important car l'hippocampe est l'une des premières structures à être touchées par certaines maladies neurodégénératives. Un hippocampe qui conserve son volume avec l'âge est généralement associé à une meilleure mémoire et un risque moindre d'Alzheimer.
De façon générale, "les super marcheurs présentent une prévalence plus faible de maladies chroniques, un mode de vie plus sain et un âge biologique plus jeune" notent les auteurs. Alors à quelle vitesse faut-il marcher pour en faire partie ? Les auteurs ont défini les "super marcheurs" comme les personnes de 80 ans ayant une vitesse de marche comparable à celle d'adultes ayant environ 30 ans de moins soit une cinquantaine d'années. À titre de repère, les adultes de 50 à 60 ans marchent en moyenne autour de 4,5 à 4,7 km/h, une allure dont les super marcheurs se rapprochaient dans l'étude.
Le lien entre marche et cerveau n'est pas mystérieux pour les scientifiques. Bien marcher exige de l'équilibre, de la coordination et de la force musculaire : trois fonctions qui dépendent d'un cerveau et d'un système nerveux en bonne santé. La marche régulière est par ailleurs reconnue pour ses effets bénéfiques sur la santé cérébrale, tandis qu'un ralentissement de l'allure peut être un des signes d'un vieillissement cérébral moins favorable. Près de la moitié des cas de démence pourraient être prévenus ou retardés en agissant sur des facteurs de risque modifiables, rappellent les auteurs.