C'est le meilleur beurre quand on surveille son cholestérol, selon les nutritionnistes
On pense devoir arrêter le beurre avec le cholestérol, pourtant celui-ci est recommandé par les experts.
Le beurre est une véritable institution en France. Qu'il soit tartiné au petit-déjeuner ou fondu sur des pâtes, il fait partie du quotidien des Français. Nous en consommons près de 8 kg par an. Pourtant, dès qu'une prise de sang affiche un taux de cholestérol trop élevé, on a tendance à le bannir de l'alimentation car il est jugé trop gras. Est-ce vraiment justifié ? "Absolument pas", selon le Dr Bernard Schmitt, nutritionniste que nous avons interrogé sur le sujet.
Contrairement aux idées reçues, le beurre n'est pas le produit le plus gras de nos placards. En effet, avec 16 % d'eau dans sa composition, il est moins calorique qu'une huile végétale qui contient 100 % de matières grasses. Surtout, avoir du cholestérol ne signifie pas qu'il faille le bannir. "Le beurre, à dose modérée, n'impacte absolument pas les taux de cholestérol car le cholestérol sanguin est produit à 70-80 % par notre propre foie et seulement 20-30 % provient de l'alimentation", rétablit le Dr Schmitt. Il estime qu'une consommation maximum de 15 à 20 g de beurre cru par jour (l'équivalent de deux noisettes), auxquels on peut ajouter éventuellement 15 g pour la cuisine (pour ceux qui aiment cuisiner au beurre), reste sans danger pour les artères.
Si de nombreux beurres sont disponibles dans les rayons, un type sort du lot en cas de cholestérol : le beurre classique à 82% de MG issu de la filière Bleu-Blanc-Cœur (BBC). Pourquoi ? Parce que l'alimentation des vaches (riche en herbe et en lin) modifie la structure du lait. Selon le Dr Schmitt, le beurre BBC contient "deux fois plus" d'acides gras polyinsaturés (oméga-3) que le beurre standard. Ces bons gras sont essentiels car, comme l'a démontré une étude publiée dans la revue médicale Plos One, la présence d'un taux élevé d'oméga-3 permet de minimiser le risque cardiovasculaire. Préférez un beurre doux à un beurre demi-sel car l'excès de sodium favorise l'hypertension artérielle, un facteur de risque qui, cumulé au cholestérol, fragilise davantage les artères.
Face au beurre, la margarine est souvent présentée comme une alternative "santé", mais le Dr Schmitt rappelle que les margarines sont des aliments "ultra-transformés" qui n'apportent "aucun effet supérieur pour la santé par rapport au beurre". Quant au Ghee (beurre clarifié), très à la mode, il est certes débarrassé du lactose, mais il est aussi plus concentré en graisses saturées et moins nutritif car il perd ses protéines et certaines vitamines lors de la cuisson. Il ne présente donc pas d'intérêt majeur pour la santé cardiovasculaire par rapport à un bon beurre cru.
En résumé, vous pouvez garder votre noisette de beurre le matin, de préférence marqué "Bleu-Blanc-Cœur", pour bénéficier de sa richesse en vitamines A, D et E. Pour le reste de vos besoins en gras, diversifiez vos sources de lipides. Par exemple, le Dr Schmitt conseille de réserver le beurre à une consommation crue et d'utiliser des huiles végétales pour le reste : "l'huile de colza et l'huile de noix" pour l'assaisonnement grâce à leur richesse en oméga-3, et l'huile d'olive pour les cuissons quotidiennes. Un équilibre simple pour protéger ses artères sans sacrifier le goût.
