Plus de 100 œufs de dinosaures découverts en France : ce qui se cache à l'intérieur sidère les scientifiques
Dans le sud de la France, des paléontologues ont découvert une centaine d'œufs de dinosaures de la taille d'un ballon de football enfouis sous terre depuis 72 millions d'années.
Les profondeurs du sol français n'ont pas fini de nous surprendre. Après la découverte historique de 500 œufs au pied de la montagne Sainte-Victoire dans les Bouches-du-Rhône, une récente campagne de fouilles validée par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) d'Occitanie a fait basculer le site dans une autre dimension. Ce ne sont pas quelques fragments isolés, mais bien des centaines d'œufs de dinosaure fossilisés qui ont été mis au jour en octobre dernier. Cette découverte exceptionnelle, documentée par les chercheurs associés au CNRS, révèle une véritable "maternité" préhistorique, où les femelles revenaient pondre saison après saison, laissant derrière elles un témoignage figé dans le temps.
C'est dans l'Hérault, plus exactement dans la plaine de Mèze nichée sur la rive nord de l'Étang de Thau à 7 km de Sète, que ces œufs ont été retrouvés. À l'époque du Crétacé, c'était une zone chaude et humide, traversée par de larges fleuves. C'est dans cet environnement luxuriant que les Titanosaures, d'impressionnants herbivores pouvant atteindre 15 mètres de long, venaient déposer leur progéniture.
Le paléontologue Alain Cabot, fondateur du site et expert reconnu par la Mairie de Mèze pour la mise en valeur du patrimoine local, précise que les œufs, de la taille d'un ballon de football, ont été retrouvés dans leur position d'origine. Cette disposition "en nids" permet d'étudier avec une précision rare le comportement social et reproducteur de ces géants disparus. "J'ai l'habitude de tomber sur des pontes de quatre, cinq, six... parfois d'une dizaine d'œufs maximum" raconte-t-il au micro d'Ici Hérault, mais une centaine, "je n'avais jamais vu ça !".
Au-delà de la quantité, c'est la diversité des trouvailles qui fascine les experts internationaux. Une espèce jusqu'alors inconnue a été formellement identifiée et enregistrée dans les annales de la paléontologie : le Prismatoolithus caboti. Ce petit œuf, appartenant vraisemblablement à un dinosaure carnivore, représente une rareté absolue selon les inventaires du Musée-Parc des Dinosaures. Plus incroyable encore, la conservation parfaite de certains spécimens non éclos, analysée selon les protocoles de conservation du Ministère de la Culture, laisse espérer la présence d'embryons fossilisés à l'intérieur des coquilles, une aubaine pour comprendre le développement de ces espèces.
Aujourd'hui considéré comme l'un des plus importants d'Europe, le site de Mèze cultive sa particularité : tout ce qui y est trouvé y reste, sous la surveillance des autorités archéologiques compétentes. Cette volonté de conservation locale permet au public d'admirer les œufs "en situation" dans le sédiment rouge, directement au sein du Musée-Parc des Dinosaures de Mèze. Une centaine de pièces est déjà exposée, mais des milliers d'autres dorment probablement encore sous terre et seront dégagées au cours des prochaines années sous le contrôle des experts. Une raison de plus de garder un œil attentif sur cette terre héraultaise qui n'a pas fini de réécrire l'histoire.
