La liste noire des médicaments de Prescrire pour 2021

La revue médicale Prescrire a actualisé sa liste noire des médicaments qu'elle juge plus dangereux qu'utiles, à écarter des soins. Quels sont les nouveaux médicaments à éviter, à remplacer ? Réponses.

La liste noire des médicaments de Prescrire pour 2021
©  Atthidej Nimmanhaemin - 123RF

La revue médicale Prescrire à publié sa nouvelle liste noire de 112 médicaments "plus dangereux qu'utiles" dont 92 sont commercialisés en France. "Ce bilan porte sur les médicaments dont l'analyse détaillée a été publiée dans Prescrire de 2010 à 2020, soit 11 années. Il s'agit d'analyses de nouvelles spécialités pharmaceutiques, de nouvelles indications, de suivis d'évaluation, tant sur les effets indésirables que sur les données d'efficacité, et parfois de réactualisations de données concernant certains effets indésirables d'un médicament.", précise la revue. "Un des principaux objectifs de Prescrire est d'apporter aux soignants, et ainsi aux patients, des informations claires, synthétiques, fiables et actualisées, indépendantes des conflits d'intérêts commerciaux ou corporatistes, dont ils ont besoin pour leur pratique."

Suite à ce bilan, certains médicaments sont ajoutés, d'autres sont retirés, soit parce que leur commercialisation a été arrêtée sur décision de la firme ou d'une autorité de santé, soit le temps d'un réexamen de leur balance bénéfices-risques. La revue précise qu'il peut s'agir de :

  • Médicaments actifs, mais qui, compte tenu de la situation clinique, exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu'ils apportent
  • Médicaments anciens dont l'utilisation est dépassée, car d'autres médicaments plus récents ont une balance bénéfices-risques plus favorable
  • Médicaments récents, dont la balance bénéfices risques s'avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens
  • Médicaments dont l'efficacité n'est pas prouvée au-delà de celle d'un placebo, et qui exposent à des effets indésirables particulièrement graves. 

Trois substances retirées des médicaments

⇒ A cause d'un retrait d'autorisation de mise sur le marché depuis septembre 2020 : l'ulipristal dosé à 5 mg (Esmya®), utilisé dans les fibromyomes utérins a été retiré car "il expose à des atteintes hépatiques graves, justifiant parfois une transplantation hépatique".

⇒ A cause d'une fin de commercialisation en France : le nifuroxazide (Panfurex® ou autre), un "anti-infectieux" intestinal sans efficacité clinique démontrée dans les diarrhées, et qui expose à des effets immunoallergiques et hématologiques rares mais graves.

⇒ A cause d'une évaluation de la balance bénéfices-risques en cours par Prescrire : le nintédanib (Ofev® en pneumologie, Vargatef® en cancérologie), "un inhibiteur de tyrosine kinases avec effet antiangiogenèse." La revue précise que la balance bénéfices-risques du nintédanib reste défavorable dans d'autres situations dans lesquelles il est autorisé : la fibrose pulmonaire idiopathique pour Ofev® (n° 389 p. 180) ; certains cancers bronchiques non à petites cellules sous le nom Vargatef®.

Plusieurs nouveaux médicaments à écarter

  • Utilisés dans les diabètes, les gliflozines, ont été ajoutés à la liste des médicament à écarter. "Les hypoglycémiants du groupe des gliflozines dans le diabète de type 2 ont été autorisées dans l'Union européenne depuis le milieu des années 2010. Au fil du temps, leur balance bénéfices-risques défavorable s'est confirmée."
  • Le finastéride 1 mg (Propecia® ou autre, utilisé dans l'alopécie androgénique chez les hommes) et le piracétam (Nootropyl® ou autre, un "vasodilatateur" autorisé dans diverses situations cliniques dont les vertiges et les déficits cognitifs) ont été ajoutés car "les effets indésirables auxquels ils exposent sont disproportionnés par rapport à leur faible efficacité ou à la bénignité de la situation clinique dans laquelle ils sont autorisés."
  • Trois autres médicaments ont une certaine efficacité mais leurs effets indésirables sont disproportionnés ou d'autres options moins dangereuses existent : l'eskétamine en solution pour pulvérisation nasale (Spravato®) dans les dépressions dites résistantes ; le pimécrolimus (Elidel®) dans l'eczéma atopique ; le romosozumab (Evenity®) dans l'ostéoporose postménopausique sévère.
  • Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), le méloxicam (Mobic® ou autre) a aussi été ajouté suite à un "oubli dans la précédente édition du bilan". 

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