La psychologie affirme que les personnes qui gardent des vieux objets "inutiles" ont cette qualité émotionnelle rare

L'attachement aux objets dépasse souvent le simple besoin matériel pour toucher à des mécanismes psychologiques profonds.

La psychologie affirme que les personnes qui gardent des vieux objets "inutiles" ont cette qualité émotionnelle rare
© guitou60 - stock.adobe.com

Ce vieux vélo d'appartement qui sert de portemanteau, les cartons de dessins d'enfants, ou cette théière ébréchée trouvée en brocante : nous avons tous des souvenirs et des objets que l'on garde "au cas où" mais qui encombrent nos placards. Pourquoi est-il si difficile de s'en séparer ? "On est tous plus ou moins attachés à des objets. Ils sont imprégnés de notre histoire, ils ont une certaine signification et sont parfois liés à une identité, à un souvenir", explique la thérapeute Florine Nottet au Journal des Femmes.

L'attachement au matériel prend racine dans des mécanismes psychologiques profonds. Derrière un objet conservé se cache souvent une tentative de réparation émotionnelle ou une projection de soi. "Les causes peuvent être émotionnelles : remplir un vide, combler un besoin affectif, lié à des traumatismes par exemple, lié au manque", analyse l'experte. "Parfois, on garde des objets parce qu'ils veulent dire quelque chose sur nous." C'est aussi le reflet de nos ambitions passées ou de nos espoirs de changement : "On garde des objets pour ce qu'on pensait en faire ou ce qu'on aimerait en faire", par exemple à travers des vêtements trop petits conservés par "espoir de retrouver sa taille".

"Avoir quelques objets, ça peut être positif", rassure néanmoins Florine Nottet. Cette habitude révèle même une qualité émotionnelle rare : "C'est une belle manière de transmettre des histoires à nos proches." Les personnes qui gardent des objets permettent d'entretenir un lien avec leur entourage et de se remémorer des moments passés ensemble. Mais la spécialiste prévient : cette sensibilité exige un équilibre. "Si on garde trop de souvenirs et qu'on est tout le temps dans le passé et dans le regret, on ne vit jamais nos moments présents."

Le fait de conserver beaucoup d'objets peut aussi mener à un trouble d'accumulation compulsive aussi appelé "syndrome de Diogène" ou scientifiquement "syllogomanie". Elle se caractérise par une grande difficulté à se séparer d'objets qui s'accumulent au point de rendre le quotidien invivable. Certains signes peuvent alerter : si l'accumulation génère des conflits, s'il devient "fastidieux de circuler" dans la maison ou si le ménage et le rangement deviennent difficiles à faire "tellement la maison est remplie", il faut agir. Le signal d'alarme ultime reste le ressenti émotionnel : "Si la personne se sent coupable ou qu'elle vit de l'anxiété quand on lui en parle, c'est problématique."

Pour retrouver un intérieur serein, il faut s'interroger sur la fonction réelle de nos objets : "Qu'est-ce que cela vient combler chez moi ?", "Est-ce que cela me procure du positif ou du négatif ?". Pour éviter l'effet anxiogène de l'encombrement, Florine Nottet recommande de "cultiver un équilibre" avec des règles simples : s'autoriser un nombre limité d'objets souvenirs, ou décider que "Si je ne l'ai pas porté depuis un an, je le donne ou je le vends". Faire le tri régulièrement est essentiel car "cela demande une discipline" pour ne pas se laisser envahir par la société de consommation.

Merci à Florine Nottet, thérapeute, travailleuse sociale spécialisée en dépendance et fondatrice de "Vaincre ses addictions".