Tremblement essentiel : une maladie courante mais méconnue

Cette maladie concerne 300 000 personnes en France et, pourtant, elle est complètement ignorée du grand public, voire du corps médical. Le point sur cette pathologie qui peut devenir handicapante au fil du temps.

Cela commence souvent par un tremblement des mains, qui se manifestent au repos ou pendant l'action. Les petites tâches de la vie courante, telles qu'écrire ou se verser une tasse de thé, deviennent de plus en plus difficiles à accomplir. Lorsque la maladie évolue, elle peut engendrer un tremblement de la tête, du coup, du visage, de la langue, de la voix, du tronc et parfois des membres inférieurs. Le tremblement ne s'arrête que lors d'un relâchement musculaire complet.

Aucun examen type scanner ou IRM ne permet d'établir le diagnostic, le médecin va se fier uniquement à l'examen clinique du patient. Ainsi, il peut lui demander de placer ses mains l'une en face de l'autre et de tendre ses index. Il va ainsi pouvoir observer le tremblement postural. Pour le tremblement d'action, il peut tout simplement demander à la personne malade d'écrire.

Origine génétique

Les tremblements essentiels surviennent le plus souvent entre 55 et 65 ans. Une forme beaucoup plus rare débute dans l'enfance. Après plusieurs décennies d'évolution, la maladie, si elle n'est pas traitée, devient généralement très invalidante.

On connaît aujourd'hui l'origine des tremblements essentiels : cette maladie neurologique est clairement d'origine génétique. Des anomalies ont été constatées sur les chromosomes 2 et 3 des personnes malades. Il s'agit en outre d'allèles dominants : un enfant dont l'un des parents est atteint présente un risque sur deux de développer lui aussi des tremblements un jour ou l'autre.

On ne sait hélas pas guérir la maladie aujourd'hui. En revanche, il existe des traitements qui peuvent réduire considérablement les symptômes et permettre de mener une vie autonome. Dans un premier temps, le patient sera soigné avec des médicaments. Les médecins ont à leur disposition plusieurs types de molécules.

 Les bêtabloquants.

 Les antiépileptiques.

 Les anticonvulsivants.

 La toxine botulique en injections, pour réduire les tremblements de la tête et de la voix.

Pour les cas les plus graves, une procédure chirurgicale existe, qui ressemble à celle utilisée dans le cadre de la maladie de Parkinson. Il s'agit d'implanter des électrodes dans le noyau thalamique, puis d'impulser des stimulations électriques à l'aide d'une sorte de pacemaker. La pile, placée sous la clavicule, est programmée pour fonctionner 16 heures puis s'arrêter 8 heures. Il faut donc organiser sa vie en fonction de ce rythme, car les tremblements reprennent aussitôt que les stimulations cessent.

Pour en savoir plus

L'Association des personnes concernées par le tremblement essentiel permet de trouver des informations sur la maladie, de dialoguer au sein d'un forum et d'obtenir un soutien.