Une nouvelle bactérie sexuellement transmissible se propage : des cas identifiés à Paris et Lyon
Une nouvelle infection sexuellement transmissible a été détectée chez plusieurs personnes dans des grandes villes européennes comme Paris, Lyon ou Barcelone. Les symptômes sont cutanés.
Parallèlement à l'épidémie d'hantavirus, une découverte médicale majeure met les autorités sanitaires européennes en état de vigilance. Des chercheurs de l'hôpital universitaire Vall d'Hebron à Barcelone viennent de mettre en évidence la propagation inédite en Europe d'une infection sexuellement transmissible (IST) inhabituelle. Après l'apparition d'un premier foyer de 9 cas identifiés en Catalogne, la maladie a désormais franchi les frontières. Selon un communiqué du laboratoire, plusieurs cas viennent d'être détectés en France, précisément à Paris et à Lyon, ainsi qu'en Allemagne. Selon les infectiologues espagnols, la plupart des personnes touchées sont des hommes ayant eu des relations sexuelles avec d'autres hommes, notamment dans des lieux humides comme des saunas, quelques jours avant l'apparition des premiers signaux.
Cette infection serait apparentée à une souche émergente de dermatophilose (Dermatophilus). Jusqu'à présent, cette maladie (zoonose) était quasiment exclusivement observée chez les animaux vivant dans des zones tropicales ou humides (comme les chevaux, les chèvres ou les vaches) et n'avait pratiquement jamais été vue chez l'Homme, sauf contact très étroit avec un animal (cas exceptionnels). Pour expliquer ce saut chez l'humain, les analyses génétiques montrent qu'il s'agit d'une nouvelle espèce de bactérie ayant muté pour développer une capacité inédite à se transmettre directement entre humains, un phénomène favorisé par la mondialisation et le dérèglement climatique. Faut-il pour autant paniquer ? Les experts se veulent rassurants : s'il convient de surveiller de près les chaînes de transmission, la situation reste maîtrisée et aucun cas grave n'a été signalé à ce jour.
Selon l'étude des chercheurs publiée dans Emerging Infectious Diseases, les symptômes restent modérés et sont principalement cutanés. Les patients développent des lésions superficielles, des petits boutons, des irritations ou des cloques remplies de pus qui finissent par éclater et former des croûtes jaunâtres ou brunâtres. Ces signes se localisent principalement là où les contacts physiques rapprochés ont eu lieu : sur les parties génitales, le pubis, la zone anale ou la barbe.
Côté contagion, le mode de transmission est désormais avéré : il se fait par voie sexuelle lors de contacts intimes de peau à peau, la chaleur et l'humidité (comme celle des saunas) facilitant grandement le passage de la bactérie d'un partenaire à l'autre.
Les autorités rappellent que la prévention reste essentielle. L'usage du préservatif lors des rapports sexuels est vivement recommandé pour bloquer la transmission. En cas d'apparition de boutons ou de croûtes suspectes sur les zones concernées, il est crucial de consulter rapidement un médecin ou un centre de dépistage. Heureusement, la prise en charge est simple et efficace : la bactérie répond très bien aux antibiotiques classiques, associés à un nettoyage antiseptique rigoureux qui permet une guérison rapide et sans complication.
