Boulimie : symptômes, conséquences, que faire ?

La boulimie fait partie des troubles du comportement alimentaire (TCA) qui affectent surtout les femmes jeunes. Contrairement à ce que l'on croit parfois, le boulimique ressent rarement du plaisir quand il mange. Symptômes, diagnostic, traitement : éclairage avec Valérie Sengler, psychanalyste.

La boulimie fait partie des troubles du comportement alimentaire (TCA) qui affectent particulièrement la population féminine jeune. La boulimie n'est pas une simple prise alimentaire excessive, occasionnelle ou chronique, celle qui mène de nombreuses personnes à l'obésité. Il s'agit d'un trouble bien caractérisé, où le caractère impulsif et répétitif de la consommation d'aliments prédomine. Contrairement à ce que l'on croit parfois, le boulimique ressent rarement du plaisir quand il mange : il semble plutôt obéir à une injonction d'absorber la quantité maximale, quitte à s'en rendre malade.

Définition

La boulimie est un trouble des conduites alimentaires caractérisé par l'ingestion de quantités importantes d'aliments dans un temps très court (accès boulimique), une attitude compulsive vis-à-vis de la nourriture au moment de la crise (perte de contrôle), des actions visant à compenser l'ingestion frénétique de nourriture après la crise : vomissements provoqués, prise de laxatifs ou de diurétiques, une  hyperactivité physique, une obsession du contrôle pondéral (distorsion de la perception corporelle), et une faible estime de soi. "La boulimie est affublée d'adjectifs divers mais en réalité, elle est toujours mentale. Les crises peuvent survenir à des périodes propres à chacune et peuvent aussi être nocturnes ", indique Valérie Sengler, psychanalyste à Paris et à Saint-Mandé.

Types de boulimie

"Il existe en réalité trois types de boulimie : celle qui suppose l'utilisation de laxatifs, de vomissements, celle où on va se mettre à jeûner ou à faire du sport à outrance sans se faire vomir ou autre. La troisième boulimie est celle où on mange beaucoup compulsivement et où ne fera rien", détaille la psychanalyste. "La boulimie anorexie n'existe pas. L'anorexie consiste à ne plus manger alors que la boulimie consiste à se gaver de nourriture", nuance la spécialiste.

Symptômes

Pour caractériser une boulimie, il faut un épisode d'absorption anormale de nourriture sur un temps court (moins de deux heures en général) accompagnée d'une absence de contrôle. Ces crises surviennent une à trois fois par semaine au minimum, sur au moins trois mois.

Le diagnostic de la boulimie se fonde sur la fréquence du trouble.

Causes

Comme l'anorexie, la boulimie possède une base héréditaire. Les travaux sur les jumeaux permettent d'estimer son héritabilité à 0,4-0,5. Une partie des gènes étudiés par les chercheurs sont aussi ceux de l'anorexie. La prise alimentaire, modérée chez les sujets normaux, serait déréglée en excès opposés chez les anorexiques et les boulimiques. Mais il se peut que l'environnement joue un rôle majeur dans le déclenchement d'une mauvaise image de soi à la sortie de l'enfance. La boulimie est plus fréquente chez les enfants dont les parents sont absents ou en conflit permanent.

Diagnostic, qui consulter ?

Le diagnostic de la boulimie se fonde sur la fréquence du trouble (au moins deux fois par semaine et au moins pendant six mois) et des essais de contrôle du poids (mise en évidence par un poids inférieur à la normale). L'interrogatoire du médecin visera à écarter d'autres troubles apparentés à la boulimie (diagnostic différentiel) tels que l'anorexique mentale, l'hyperphagie (suralimentation observée chez les personnes obèses, anxieuses ou souffrant de certaines troubles psychiatriques), ou la consommation compulsive de boissons (ex : potomanie).

Traitement : que faire après une crise de boulimie ?

La prise en charge thérapeutique peut faire l'objet de psychothérapies (individuelle, familiale, de groupe) de thérapies cognitives et comportementales et de prescriptions d'antidépresseurs sérotoninergiques dont l'action permet de traiter la dimension compulsive du trouble. Une prise en charge nutritionnelle et diététique (régime adapté, réalisation et tenue d'un carnet alimentaire) est généralement recommandée. L'hospitalisation est assez rare, elle peut intervenir en cas d'état dépressif important, de récidives d'accès boulimiques, ou en présence de désordres métaboliques importants. Le ou la patient(e) est alors orientée vers un service de nutrition.

La boulimie apparaît le plus souvent au début de l'adolescence.

Soigner la boulimie

La boulimie peut avoir des conséquences néfastes du point de vue physiologique, médical, social, scolaire et professionnel. Il faut donc aider la personne boulimique à s'en sortir, surtout si elle est adolescente comme c'est majoritairement le cas pour les premières crises.

Rôle des parents

La boulimie apparaît le plus souvent au début de l'adolescence. C'est une période où il convient d'être particulièrement attentif au comportement de son enfant. Il ne faut pas raisonner comme si l'enfant le faisait exprès. " La boulimie est compulsive évidemment car on ne peut lutter contre c'est le propre de chaque compulsion ", explique la psychanalyste. Même si c'est difficile, les parents doivent maintenir le dialogue avec leur enfant boulimique, et essayer de comprendre son mal-être, d'entendre éventuellement ses reproches. Ils doivent également en parler avec les frères et sœurs, qui peuvent être inquiets du fait de ce comportement nouveau, surtout s'ils sont plus jeunes. Si la crise dure, les parents doivent convaincre l'enfant de consulter le médecin et le psychologue. Il existe des associations rassemblant des personnes boulimiques et leurs familles : elles sont utiles pour traverser la crise et trouver des conseils pratiques.

Psychothérapies

La psychothérapie est une solution de choix pour vaincre la boulimie. Si le problème est fortement associé à des troubles dans la famille, une analyse familiale peut aider à trouver les solutions. La thérapie cognitive et comportementale (TCC) est celle qui donne les meilleurs résultats pour la boulimie. La TCC dure plusieurs mois au minimum. Le thérapeute aide la personne boulimique à y voir clair dans les schémas cognitifs guidant sa représentation du corps et de l'alimentation, et à mesurer leur caractère inapproprié. Les comportements caractéristiques du boulimique sont isolés et lentement combattus, afin de revenir à une prise alimentaire normale.

Médicaments

Il n'existe pas de médicaments spécifiquement dédiés à la boulimie. Lorsque le patient présente des symptômes de dépression ou d'anxiété, un traitement antidépresseur ou anxiolytique peut avoir des effets positifs.

Conséquences sur le long terme

Les complications classiques de la boulimie sont notamment des troubles du cycle menstruel, des troubles du sommeil, l'apparition d'un diabète, une déshydratation, une œsophagite et des complications dentaires graves (liées aux vomissements) et enfin une dépression et une augmentation du risque de geste suicidaire. 

Merci à Valérie Sengler, psychanalyste à Paris et à Saint-Mandé..

Boulimie : symptômes, conséquences, que faire ?
Boulimie : symptômes, conséquences, que faire ?

Sommaire Définition Types de boulimie Symptômes Causes Diagnostic Que faire en cas de crise ? Soigner la boulimie • Rôle des parents • Psychothérapies • Médicament Conséquences La boulimie fait partie...