Tampon hygiénique : le mettre, le retirer, que faire en cas d'oubli ?

Un tampon hygiénique est une protection périodique qui permet d'absorber le sang pendant les règles. Comment le mettre ? Le retirer ? Quelle est sa composition et quels risques si on l'oublie (choc toxique...) ?

Tampon hygiénique : le mettre, le retirer, que faire en cas d'oubli ?
© Lukas Majercik - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'un tampon hygiénique ?

Un tampon hygiénique ou périodique est une protection absorbante interne. C'est-à-dire qu'on doit l'insérer dans le vagin pendant les menstruations. Il permet d'absorber le sang pendant les règles et constitue une alternative aux serviettes hygiéniques ou à la coupe menstruelle. Il est très discret et permet par exemple de se baigner à la piscine pendant les règles. Il n'y a pas d'âge minimum pour utiliser un tampon et il n'est absolument pas réservé aux femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels. Une jeune fille, à partir du moment où elle a ses règles, peut utiliser un tampon. Il n'y a pas de risque de percer l'hymen qui est suffisamment souple pour rester intact lors de l'insertion d'un tampon. 

Type de tampon hygiénique

Tampon avec ou sans applicateur
Tampon avec ou sans applicateur © macrovector - 123RF

Il existe différents types de tampon :

  • Les tampons avec applicateur : le tampon est enfermé dans un dispositif en carton ou en plastique composé de deux tubes qui coulissent l'un contre l'autre et qui permettent de faciliter l'insertion du tampon dans le vagin.  
  • Les tampons sans applicateur (compact ou normal) : le tampon est simplement enveloppé dans une pellicule en plastique à retirer avant la pose. Pour l'insérer, il faut pousser le tampon directement avec son doigt (propre) à l'intérieur du vagin. 

Une fois bien inséré, le tampon (qu'il soit avec ou sans applicateur) a des ailettes qui se déploient à l'intérieur du vagin et qui absorbent le sang pendant les règles. Une fois à l'intérieur, le tampon ne se sent pas, sinon c'est qu'il n'est pas enfoncé suffisamment loin. 

 Choisissez toujours le niveau d'absorption minimal correspondant à votre flux.

Taille d'un tampon hygiénique

Tampon flux niveau d'absorption
Niveau d'absorption des tampons © Marharyta Stoika - 123RF

Les tailles de tampon correspondent à la quantité de liquide qu'ils sont en mesure d'absorber. Il existe donc plusieurs tailles de tampons hygiéniques afin de s'adapter au flux menstruel : 

  • Le tampon mini ou regular pour les flux légers (le début ou la fin des règles par exemple)
  • Le tampon normal pour les flux légers à moyens
  • Le tampon super pour les flux moyens
  • Le tampon super plus pour les flux moyens à abondants
  • Le tampon maxi ou ultra pour les flux très abondants

→ Connaître votre flux : Pensez à toujours choisir le niveau d'absorption minimal correspondant à votre flux. Si le tampon est complètement imbibé en moins de 3 heures, il vaut mieux utiliser un niveau d'absorption supérieur. En revanche, s'il n'est toujours pas complètement imbibé après 4 à 8 heures, choisissez un niveau d'absorption plus bas. Utiliser un tampon trop absorbant par rapport à son flux peut provoquer un syndrome du choc toxique, un phénomène rare, mais grave. N'utilisez que les tampon super/super plus ou maxi seulement les jours où vos règles sont très abondantes

Composition

Un tampon est composé en fonction des marques de rayonne, de coton, de polyester, de polyéthylène ou de polypropylène. "Le règlement REACH (1907/2006/CE) vérifie l'absence de risque chimique pour la santé humaine et l'environnement des substances utilisées dans le produit selon l'ECHA (European Chemicals Agency) et de "substances préoccupantes" de la liste officielle SVHC (Substances of Very High Concern)", indique le Journal international de Médecine sur son site internet

De son côté, l'Anses a publié le 20 janvier 2020 les résultats de son expertise de 2018 sur la sécurité des protections intimes internes (tampon et cup menstruelle). Ces essais ont révélé la présence de substances chimiques dans les tampons et les coupes menstruelles, mais sans dépassement des seuils sanitaires. Il n'y aurait pas non plus de lien direct entre les propriétés physico-chimiques des matériaux de ces protections intimes et un risque d'augmentation de syndrome du choc toxique. En France, les exigences de sécurité entourant les produits de protection intime sont définies par la directive sur la sécurité générale des produits (CE) n°2001/95/CE, indique l'Anses dans son rapport*. Elle recommande toutefois aux fabricants d'améliorer la qualité de leurs protections intimes internes afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence de substances chimiques, mais également de fournir une information plus claire concernant le risque de syndrome de choc toxique menstruel et ses symptômes sur les emballages et les notices de leurs produits. 

Label GOTS © GOTS

Les tampons estampillés "bio" (avec ou sans applicateur) sont composés uniquement de coton bio et hypoallergénique certifié GOTS (Global Organic Textile Standards). Cette certification garantit que les fibres doivent être naturelles et être cultivées de manière biologique, selon des normes de production et ce, tout au long de la filière (filage, tissage, teinture...). 

Utilisation : comment mettre un tampon ?

Comment mettre un tampon
Mettre un tampon © александра жиленко - 123RF
  • Tout d'abord, lavez-vous soigneusement les mains avant de manipuler et d'introduire un tampon. 
  • Retirez l'emballage plastique du tampon et déroulez le petit cordonnet. 
  • Avec vos doigts, localisez les lèvres qui bordent l'entrée du vagin. 
  • Mettez-vous dans une position confortable, accroupie ou debout avec un pied sur la cuvette des toilettes par exemple, et détendez-vous. 
  • Maintenez vos lèvres bien écartées et introduisez le tampon dans l'orifice vaginal tout en l'orientant vers le bas du dos (légèrement en biais). Ne l'introduisez pas trop vers le haut et ne forcez pas si ça vous fait mal ou s'il ne glisse pas facilement. 
  • Introduisez-le de sorte à avoir la moitié de votre index introduit dans votre vagin. Un tampon ne doit provoquer aucune sensation d'inconfort. Autrement dit, vous devez à peine, voire pas du tout le sentir. S'il vous fait mal ou s'il vous gêne, peut-être qu'il n'a pas été introduit suffisamment en profondeur. Dans ce cas, introduisez-le un peu plus profondément.
  • Le cordonnet doit dépasser à l'extérieur du vagin. 
  • Lavez-vous les mains après l'insertion du tampon. 

Mettre un tampon avec applicateur : tenez l'applicateur par l'embout et insérez le tube dans le vagin tout en l'inclinant légèrement vers le haut, en direction du bas du dos. Faites coulisser délicatement le tube intérieur contre le tube extérieur pour faire glisser le tampon en dehors de l'applicateur. Le tampon est ainsi bien inséré dans votre vagin. Veillez à ce que le cordonnet pende bien en dehors du vagin. Jetez les deux tubes en plastique ou en carton à la poubelle. 

Il est impossible de perdre un tampon dans son vagin !

Comment retirer un tampon ?

Un tampon se retire généralement trois à six heures après son insertion. 

  • Lavez-vous soigneusement les mains avant de retirer votre tampon. Si cela vous fait mal, il se peut que le niveau d'absorption soit trop élevé par rapport à votre flux. En début et en fin de règles, lorsque le flux est peu abondant, il est conseillé d'utiliser plutôt des serviettes hygiéniques. 
  • Tirez délicatement sur le cordonnet : le tampon doit glisser tout seul. 
  • Si vous ne trouvez pas le cordonnet, accroupissez-vous et introduisez votre index dans votre vagin pour le trouver. Il est très rare qu'un cordonnet se rompe car il est bien cousu au centre du tampon. Mais si jamais cela se produit, vous pouvez utiliser vos doigts (préalablement lavés) pour atteindre le tampon et l'extraire de votre vagin. Dans tous les cas, il est impossible de perdre un tampon dans son corps
  • Ne jetez surtout pas votre tampon dans la poubelle. Enveloppez-le dans du papier WC et jetez-le dans une poubelle, idéalement "spéciale protection hygiénique" (il y en a souvent dans les toilettes des lieux publics). 
  • Lavez-vous les mains après le retrait.  

Changez votre tampon toutes les 3 à 6 heures. Ne le gardez jamais plus de 8 heures ! 

Précautions

  • Un tampon ne doit s'utiliser que pendant les règles. En dehors des menstruations, il risque de déséquilibrer votre flore vaginale, d'assécher le vagin et d'entraîner des sécheresses vaginales
  • N'utilisez pas de tampon au quotidien pour protéger votre lingerie. Il existe des protège-slips qui spécialement faits pour ça. 
  • Changez votre tampon toutes les 3 à 6 heures (idéalement toutes les 3 à 4 heures) et ne le portez surtout pas plus de 8 heures d'affilée, même la nuit : les bactéries risquent de stagner trop longtemps à l'intérieur de votre vagin, de proliférer et d'occasionner des infections. 
  • Lavez-vous les mains avant l'insertion et le retrait du tampon. 
  • Il n'est pas recommandé d'utiliser de tampon lors du traitement d'une infection vaginale, ni dans les 2 mois après un accouchement, ni en cas d'antécédent de syndrome du choc toxique.
  • Changez votre tampon après vous être baignée dans la mer ou la piscine : le tampon risque de se charger en chlore ou en eau salée, ce qui pourrait provoquer une irritation. 
  • Rappelons-le : un tampon est à usage unique et doit être systématiquement jeté après utilisation. 

Tampon oublié : dangers, que faire ?

Une mauvaise utilisation du tampon (un tampon oublié ou laissé trop longtemps dans le vagin) peut entraîner ce qu'on appelle "le syndrome du choc toxique" ou SCT. Il s'agit d'une infection causée par certaines souches de la bactérie "staphylocoque doré" qui fabrique une toxine pouvant pénétrer dans le sang et atteindre plusieurs organes. De fait, lorsque le tampon est trop absorbant par rapport au flux et/ou pas changé régulièrement, les toxines ont davantage le temps de se multiplier. Le syndrome du choc toxique reste très rare, mais est grave. Fièvre soudaine supérieure à 38,9 °C, vomissements, sensation de malaise avec maux de tête, diarrhée, éruption cutanée ressemblant à des coups de soleil font partie des signes d'alerte d'un choc toxique. En cas d'apparition de ces symptômes, il faut immédiatement retirer le tampon et se rendre à l'hôpital. Pris en charge précocement, le syndrome du choc toxique se soigne grâce à un traitement antibiotique, administré par des médecins. A noter que l'ensemble des dispositifs intra-utérins (tampons, coupes menstruelles, diaphragmes contraceptifs, capes cervicales) sont associés à un faible risque de SCT.

Prix et où l'acheter ?

Le prix d'un tampon est variable. Une boîte de 24 coûte en moyenne entre 2 et 5 euros selon les marques. Les tampons s'achètent dans les grandes surfaces, mais aussi dans les parapharmacies et les pharmacies. 

Sources