Coups, bosses, bleus : que faire, comment les soigner ?

Fréquentes et généralement bénignes, les contusions surviennent suite à un choc. Dans quels cas nécessitent-elles une prise en charge ? Comment les soulager ? Le point avec le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.

Coups, bosses, bleus : que faire, comment les soigner ?
© Alona Siniehina-123RF

Définition : qu'appelle-t-on une contusion ?

"Une contusion se définit par un choc sur la peau sans déchirure de celle-ci. Elle se manifeste par un gonflement et par un changement de couleur de la zone traumatisée qui passe d'une couleur pâle à une couleur bleutée si un saignement sous-cutané apparaît, on parle alors d'ecchymose ou d'hématome", explique le Dr Patrick Aubé.

Symptômes

Les bleus ou ecchymoses se présentent sous la forme de tâches bleues, dont la coloration évolue vers le vert puis le jaune. Les bosses ou hématomes correspondent à un amas de sang sous la peau se manifestant par un gonflement de la zone touchée. Les ecchymoses et les hématomes sont plus ou moins douloureux au toucher, selon la violence du choc. Ils disparaissent généralement d'eux-mêmes au bout de quelques jours. Les ecchymoses qui apparaissent spontanément ne sont pas douloureuses. En fonction de la zone atteinte, une ecchymose ou un hématome peut empêcher de bouger convenablement : une contusion située sur le pied peut
gêner la marche, par exemple. 

Causes

L'apparition d'une contusion est le plus souvent due à un traumatisme : coup, chute, accident domestique, activité sportive, accident du travail, etc. Le choc provoque une rupture des petits vaisseaux situés sous la peau. Les ecchymoses (bleus) peuvent également apparaître spontanément, sans traumatisme, chez les personnes ayant la peau fine et fragile, ou souffrant de troubles de la coagulation.

Quand disparaissent-ils ?

"En fonction de leur importance, les ecchymoses ou hématomes mettent plusieurs jours à se résorber : de 4 à 5 jours minimum jusqu'à une quinzaine, rarement plus", observe le médecin généraliste.

Traitement : comment les soigner ?

La consultation d'un médecin n'est pas nécessaire en cas d'apparition de bleu ou de bosse suite à un léger traumatisme. Il est conseillé d'appliquer la règle "GREC" : glace, repos, élévation, compression. Refroidir la zone touchée au moyen d'une compresse ou d'une poche de glace soulage la douleur et limite le gonflement. Il est important de ne pas appliquer directement des glaçons sur la peau, et de ne pas appliquer du froid pendant plus de 20 minutes. La pose d'un pansement compressif à renouveler 3 fois par jour et le maintien du membre en position surélevée permettent également de réduire le gonflement. Pour calmer la douleur, il est possible d'avoir recours aux antalgiques par voie orale si nécessaire. "En dehors du froid, la chaleur locale étant contre-indiquée, on peut appliquer plusieurs fois par jour une pommade à l'Arnica ou quelques gouttes d'Huile essentielle pure d'Hélichryse italienne", commente le Dr Patrick Aubé.

Quand et qui consulter ?

Il est recommandé de consulter un médecin rapidement dans les cas suivants : douleurs très violentes, déformation de la zone touchée, impossibilité de se servir du membre atteint, aggravation ou absence de guérison après 3 jours, ecchymoses spontanées répétées. Une ecchymose ou un hématome qui ne disparaît pas sous quelques jours peut être le signe d'une fracture. Une radiographie peut s'avérer nécessaire. Les contusions situées dans des zones sensibles comme l'œil ou le tibia nécessitent également une vigilance particulière.

Complications

Les coups, bosses et bleus sont généralement bénins et disparaissent spontanément au bout de quelques jours. Cependant, certaines situations nécessitent un suivi attentif. "Les personnes ayant des troubles de la coagulation sanguine et à risque de saignement doivent être particulièrement surveillées après une chute ou une contusion. Il s'agit des personnes hémophiles, des personnes sous anti-coagulants ou sous traitement anti-agrégant plaquettaire", prévient le médecin généraliste. Dans le doute, consulter.

Merci au Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.

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