Sociopathe : signes typiques, comment s'en défaire ?

Un sociopathe est une personne affectée par des troubles de la personnalités et qui manifeste un comportement antisocial, impulsif et dénué de culpabilité. Comment le reconnaître et comment réagir ? Quelle différence avec un psychopathe ? Le point sur les symptômes, les facteurs de risque et les traitements avec le Dr Aïda Cancel, psychiatre et docteur en neurosciences.

Sociopathe : signes typiques, comment s'en défaire ?
© Vadim Guzhva - 123RF

Définition : une personne sociopathe, c'est quoi ?

La sociopathie est un trouble de la personnalité, c'est à dire qu'il s'agit d'un ensemble de troubles dont les symptômes sont des traits de personnalité stables et permanents. Ce caractère rigide et "mal adapté" induit des comportements dysfonctionnels dans la vie en société ainsi qu'une souffrance pour la personne. La personnalité ne se fixe qu'après l'adolescence : ainsi, la sociopathie ne saurait ainsi être diagnostiquée qu'à l'âge adulte quoique des troubles des conduites peuvent apparaître bien avant. 

Quelle différence avec un(e) psychopathe ?

"Aujourd'hui, on parle surtout de personnalité antisociale" explique le Dr Aïda Cancel, psychiatre et docteur en neurosciences. "En fonction des périodes et des pays, on a plutôt dit "sociopathe", "psychopathe" ou "antisocial". En psychiatrie, aujourd'hui, on ne fait pas de distinction et on parle de personnalité "antisociale". Cela correspond à la même description clinique." poursuit-elle.

Très souvent, le parcours de vie de la personne est marquée par des contacts avec la police et la justice.

Symptômes : comment reconnaître un(e) sociopathe ?

L'impulsivité avec des passages à l'acte même si les conséquences sont évidemment négatives dont fréquent chez la personne atteinte d'un trouble de la personnalité antisociale. "Il y a un trouble de contrôle des impulsions, qui conduit à des passages à l'actes sans évaluation des conséquences", note le Dr Cancel. Elle prend pour exemple les détenus qui vont commettre un acte de violence envers un gardien à 15 jours de leur sortie ce qui va, bien évidemment compromettre cette dernière.

Très souvent, il y a des transgressions au niveau social, et le parcours de vie de la personne est marquée par des contacts avec la police et la justice pour vols, agressions, destructions de biens publics, une instabilité dans les relations ou dans le parcours professionnel… 

"Même si le trouble de la personnalité antisociale ne peut être diagnostiqué qu'à l'âge adulte, on trouve dès l'enfance ou l'adolescence des signes que l'on appellera "troubles des conduites"" précise le Dr. Cancel

Ce trouble de la personnalité affecte près de 5,8 % des hommes et 1,2 % des femmes. Il est marqué par :

  • une impulsivité,
  • une tendance au passage à l'acte,
  • une absence de culpabilité,
  • des difficultés à se conformer aux normes sociales,

Facteurs de risques : génétique, environnement, traumatisme, alcool...

"Il existe des facteurs de vulnérabilité génétique et des événements de vie plus ou moins stressants" explique le Dr. Cancel. "On retrouve des facteurs sociaux, des traumatismes, des consommations de toxiques…" ajoute-elle. Les difficultés socio-économiques, les violences ou les consommations de toxiques font très souvent partie de l'histoire du patient. La consommation d'alcool ou de drogues augmente les passages à l'acte.

Personnes à risque

Les enfants présentant des troubles des conduites sont évidemment plus à risques que les autres, d'où l'importance de leur enseigner l'empathie et la non-violence. "S'il y a des troubles de conduites, c'est qu'il faut rechercher des choses difficiles dans l'environnement de l'enfant, explique le Dr Cancel. Il conviendra, dès lors de faire de la prévention :

  • s'occuper davantage de l'enfant s'il a tendance à être laissé seul,
  • lutter contre les violences familiales,
  • favoriser l'empathie, la coopération, l'entraide…
  • Et très souvent la prévention passe par aider les parents !" Contrairement à certaines idées reçues, il n'existe pas de gène de la personnalité antisociale.

Il convient de ne pas tolérer le franchissement de certaines limites et aussi de se méfier d'une tendance la manipulation.

Que faire face à une personne sociopathe ?

"Le problème dans ce type de trouble est qu'il n'y a pas de mentalisation entre l'impulsion et le passage à l'acte. Lors des moments de colère et de tension interne, il conviendrait pour les proches de laisser les choses s'apaiser, de prendre un peu de distance, de laisser la personne seule jusqu'à cela se calme et discuter après" conseille le Dr Cancel. Tout en ayant conscience des ses difficultés, il convient de ne pas tolérer le franchissement de certaines limites et aussi de se méfier d'une tendance la manipulation. Il faut également, bien sûr, amener la personne à consulter afin qu'elle puisse être prise en charge de manière adéquate.

Existe-t-il des traitements ?

La base du traitement est la psychothérapie, en particulier les thérapies comportementales et cognitives (TCC). Les traitements médicamenteux peuvent aider si la sociopathie est forte : le psychiatre pourra prescrire des régulateurs de l'humeur ou des antipsychotiques. Il y aura aussi des traitements pour soigner les conséquences du trouble : une addictions qui nécessitent une prise en charge adaptée, une dépression ou un trouble bipolaire associés. "Au niveau médicamenteux, on traite davantage les comorbidités et l'impulsivité si elle est vraiment handicapante que le trouble en lui-même, pour lequel il n'existe pas de médicament" explique le Dr Cancel.

Merci au Dr Aïda Cancel, médecin psychiatre et docteur en neurosciences.

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