Les chercheurs ont fabriqué un médicament universel capable d'éliminer tous les virus
Ce traitement s'est montré efficace contre 100 % des virus testés. Notamment, les virus respiratoires comme la grippe, le Covid-19, mais aussi Zika, Ebola...
Imaginez un hiver sans rhume, gastro ni grippe. Ou voyager dans n'importe quel pays sans craindre une infection de dengue ou d'Ebola. Pourtant, ce scénario difficilement croyable pourrait bientôt voir le jour. Des chercheurs américains en immunogénétique ont imaginé un médicament révolutionnaire capable de bloquer n'importe quel virus connu, de la simple infection bénigne aux pathologies les plus mortelles.
Tout part d'une découverte fascinante réalisée par le Pr Dusan Bogunovic, professeur d'immunogénétique à l'Université Columbia à New York. En étudiant des individus dotés d'une mutation génétique rare (une déficience de la protéine ISG15), il a remarqué qu'elles étaient naturellement protégées contre tous les virus. Leur secret ? Leur corps maintient leur système immunitaire en état d'alerte permanent, créant un bouclier qui empêche les virus de s'installer. Pour offrir ce "super-pouvoir" au reste de la population, son équipe a créé un médicament (administré par un simple spray nasal) qui contient le mode d'emploi de cette immunité. Une fois dans le nez, il apprend à nos cellules à fabriquer une brigade de 10 protéines d'élite qui verrouillent l'entrée de l'organisme et bloquent net n'importe quel envahisseur.
Contrairement aux traitements actuels qui visent un virus spécifique (comme le Tamiflu pour la grippe par exemple), ce nouveau médicament est un antiviral à large spectre. Lors des tests en laboratoire et sur des animaux dont les résultats ont été publiés à l'été 2025 dans la revue Science Translational Medicine, il s'est montré efficace contre 100 % des virus testés. Notamment, les virus respiratoires comme la grippe A et B, SARS-CoV-2 (COVID-19) et toutes ses variantes, les virus tropicaux (Zika, Dengue, Chikungunya), les virus mortels (Ebola, virus de Marburg). Mais aussi les maladies infantiles (rougeole, oreillons, varicelle). "Notre technologie progresse, mais elle n'est pas encore parfaite, explique le Pr Bogunovic, interrogé sur BBC Science Focus. Il faut également prendre en compte le fait qu'il s'agit d'une nouvelle classe de médicaments contre les infections, ce qui est très cher à développer."
Quand pourrait-on l'obtenir en France ? Les essais cliniques sur les humains devraient débuter d'ici deux ans (aux alentours de 2027-2028). En France, comme dans le reste de l'Union européenne, le médicament devra obtenir le feu vert de l'Agence Européenne des Médicaments (EMA) après avoir prouvé sa sécurité. Si les essais sont concluants et que les gouvernements soutiennent le projet, ce médicament universel pourrait arriver dans nos pharmacies d'ici 5 à 10 ans. À terme, il pourrait être utilisé comme les antibiotiques le sont pour les bactéries : un traitement universel pour soulager les symptômes et empêcher les formes graves, sauvant ainsi des millions de vies.
Bien que la promesse d'un médicament universel soit séduisante, le chemin vers une commercialisation reste long et semé d'embûches. Le principal défi est celui de la toxicité : en modifiant la réponse immunitaire ou en ciblant des composants que les virus partagent avec nos propres cellules, les chercheurs doivent s'assurer que le remède ne s'attaque pas par erreur à l'organisme du patient (d'où l'intérêt des essais cliniques sur l'Homme). A cela s'ajoutent des coûts de développement estimés à environ un milliard de dollars, ce qui freine les laboratoires privés. "Comment mener un essai clinique pour un antiviral universel ? Il faut le faire virus par virus, ce qui le rend extrêmement coûteux", confirme le professeur en immunogénétique. Sans un soutien financier public massif pour constituer des stocks mondiaux, ce traitement révolutionnaire risque de rester bloqué au stade de la recherche.
