Ceux qui arrêtent de manger à cette heure le soir préservent mieux leurs capacités cognitives après 50 ans
Des chercheurs en nutrition et en neurologie ont mené une étude chez des femmes de plus de 50 ans. Selon eux, les horaires des repas influencent les capacités cognitives comme la mémoire, l'attention ou l'organisation.
Et si l'heure de notre dîner pouvait influencer la santé de notre cerveau ? On sait déjà qu'il est conseillé de laisser du temps entre le dîner et le coucher, car une digestion bien avancée favorise un sommeil de meilleure qualité. L'heure du diner pourrait également déterminer la santé de notre foie. Et selon des travaux préliminaires présentés lors de NUTRITION 2026, le congrès annuel de l'American Society for Nutrition, elle pourrait aussi peser sur le risque de démence.
Une équipe de chercheurs a mené une étude, de petite ampleur, auprès de 47 femmes âgées de 50 à 79 ans, en surpoids ou obèses. Le choix de ce profil n'est pas anodin : "les femmes ainsi que les personnes en surpoids ou obèses présentent un risque accru de développer [des formes de démence]". La moitié d'entre elles (26) devaient concentrer leurs repas sur une fenêtre de moins de 9 heures, généralement entre 10h et 18h, tandis que les autres conservaient une plage habituelle d'environ 12 heures. Cette alimentation "en fenêtre restreinte" consiste à regrouper tous ses repas sur une période courte de la journée (ici 8 à 9 heures), puis à jeûner le reste du temps. L'idée des chercheurs était de vérifier si le simple fait de resserrer les horaires des repas pouvait protéger les fonctions du cerveau.
D'après les résultats, seules les participantes limitant leur fenêtre alimentaire à 8 ou 9 heures ont vu leurs performances cognitives progresser. Et les chercheurs estiment qu' "il pourrait y avoir des avantages supplémentaires à cesser de manger 4 heures avant de se coucher". Pourquoi ? Les auteurs avancent plusieurs pistes : en respectant le rythme circadien (l'horloge interne qui synchronise le corps sur le jour et la nuit), on améliore le sommeil, essentiel au nettoyage des déchets cérébraux et à la mémoire. Les phases de jeûne favoriseraient aussi la réparation des neurones. Enfin, en réduisant l'inflammation et en régulant la glycémie, cette approche limiterait deux facteurs connus pour accélérer le déclin cognitif.
Concrètement, quelles capacités du cerveau sont concernées ? Cette approche "a eu un effet modeste sur l'amélioration de la planification spatiale et de la résolution de problèmes, ainsi que sur la réduction des erreurs liées à la mémoire et à l'apprentissage", explique la Pr Sue Shapses, principale autrice de l'étude, dans un communiqué. Sont donc concernées la mémoire, l'attention et la capacité d'organisation, des piliers cognitifs dont l'altération est souvent le premier signe de démence. Fait notable : "Plus la fenêtre d'alimentation était réduite, plus les améliorations étaient importantes", ce qui suggère un effet proportionnel encourageant.
Comment appliquer ces principes au quotidien ? L'important est de garder des horaires de repas fixes pour donner un rythme régulier à l'organisme. Il suffit de repérer son heure de coucher habituelle et de stopper toute prise alimentaire quatre heures avant : pour un coucher à 22h, cela signifie ne plus rien manger après 18h. L'astuce consiste ensuite à ne pas prolonger les grignotages du soir et à décaler légèrement le petit-déjeuner. Les auteurs rappellent toutefois que "des études complémentaires seraient nécessaires pour confirmer ces résultats auprès d'un plus grand nombre de participants". En attendant, dîner plus tôt et resserrer ses horaires de repas reste une habitude simple, sans risque et facile à tester.
