La pire façon de boire son café pour le cerveau : elle accélère le déclin cognitif après 50 ans
Ce n'est pas le café en soit qui pose problème, mais comment on le boit. Une grande étude médicale vient d'établir un lien inquiétant entre la façon de consommer son café et le vieillissement accéléré du cerveau.
C'est un rituel incontournable pour des millions de personnes dès le réveil. Chaque matin, on prépare sa tasse de café avec l'intime conviction de faire le plein d'énergie et de prendre soin de sa santé. D'ailleurs, une précédente avait montré que boire 3 tasses de café par jour était excellent pour la santé. Pourtant, la manière dont nous consommons cette boisson pourrait réserver de bien mauvaises surprises à notre cerveau sur le long terme. Selon des chercheurs, un réflexe que l'on pense totalement anodin pourrait en réalité précipiter le vieillissement des neurones.
Une vaste étude menée auprès de 12 772 adultes (âgés en moyenne de 52 ans) et suivie pendant 8 ans vient en effet d'émettre une alerte sérieuse. Publiés dans la prestigieuse revue Neurology, ces travaux révèlent que les plus grands adeptes de cette habitude voient leurs capacités cognitives (mémoire verbale, fluidité du langage ou encore vitesse de traitement des informations) s'altérer à un rythme inquiétant. Chez les plus grands consommateurs, les chercheurs ont mesuré une accélération de la détérioration cérébrale équivalente à 1,6 an de vieillissement supplémentaire par rapport aux faibles consommateurs.
Qu'ils soient glissés sous forme de comprimés dans nos tasses de café ou consommés via des sodas "light" et produits ultra-transformés, la plupart des édulcorants de synthèse sont ciblés par les auteurs. L'aspartame, la saccharine, l'érythritol, le xylitol, l'acésulfame K et le sorbitol font partie des composés incriminés. Dans l'étude, les participants qui en consommaient le plus (environ 191 mg par jour, soit l'équivalent d'une canette de soda zéro/light ou environ 4 à 6 sucrettes) présentaient un déclin cognitif 62 % plus rapide que ceux qui en consommaient le moins (20 mg/jour). Même les consommateurs modérés affichaient un déclin accéléré de 35 %. Sur les sept édulcorants analysés, seul le tagatose semble faire exception.
Cet effet était particulièrement marqué chez les adultes de moins de 60 ans, alors qu'il s'estompait chez les personnes plus âgées. Les personnes atteintes de diabète figurent également parmi les plus exposées, en raison de leur recours très fréquent aux édulcorants pour éviter les pics de glycémie. "Nous avons trouvé des associations avec le déclin cognitif chez les personnes d'âge moyen, avec ou sans diabète", résume la Dre Claudia Kimie Suemoto, de l'Université de São Paulo.
Faut-il pour autant supprimer brutalement toutes les sucrettes ? Les auteurs rappellent que cette étude reste observationnelle : elle met en évidence un lien statistique, mais ne démontre pas une relation de cause à effet directe. D'autres facteurs de mode de vie ou de santé globale pourraient également entrer en jeu. Néanmoins, ces résultats invitent à la prudence. Plutôt que de remplacer les édulcorants par du sucre blanc ou des sirops naturels (miel, sirop d'érable) qui posent d'autres problèmes de santé et provoquent de forts pics de glycémie, les experts recommandent avant tout la désaccoutumance au goût sucré. La meilleure stratégie reste de réduire progressivement les doses afin de réhabituer son palais aux saveurs naturelles des aliments et des boissons.