Les scientifiques se sont trompés : voilà ce qui détermine en n°1 notre durée de vie, les chanceux sont...
La biologie du vieillissement bouscule tout ! Une étude en gériatrie révèle que notre longévité dépend à 50% d'un facteur clé. Voici comment vivre 100 ans.
Pourquoi certains franchissent-ils le cap des 90 ou 100 ans en pleine forme, quand d'autres voient leur santé décliner bien plus tôt ? On nous a toujours répété que le secret des centenaires résidait dans une assiette équilibrée, composée par exemple de poisson dont les omégas-3 préservent les capacités cognitives, d'une activité physique régulière et d'un sommeil de plomb. Mais en réalité, la biologie du vieillissement est plus complexe. Si la gériatrie a longtemps misé sur l'hygiène de vie, une méta-analyse majeure vient de briser ce tabou : nos habitudes ne feraient pas tout. Un autre facteur, lié à notre patrimoine biologique, pèserait beaucoup plus lourd que prévu dans le mécanisme de la longévité humaine.
À l'origine, les chercheurs ont voulu "comprendre la longévité humaine et les moyens de l'améliorer" en étudiant les données de trois groupes de sujets jumeaux, sur plus d'un siècle d'analyses scientifiques. Ils ont comparé les jumeaux élevés ensemble à ceux ayant grandi séparément, ce qui leur a permis d'isoler plus finement l'influence possible des gènes de celle de l'environnement familial. "Pendant de nombreuses années, la durée de vie a été attribuée principalement à des facteurs non génétiques, alimentant le scepticisme quant aux déterminants génétiques de la longévité" rappellent les scientifiques. En effet, jusqu'à présent, la science estimait que la génétique ne comptait que pour 10 à 25% de l'espérance de vie d'une personne, et certaines études suggéraient même des chiffres encore plus bas.
Le problème des anciennes études c'est qu'elles ne distinguaient pas clairement les décès liés au vieillissement biologique de ceux causés par des facteurs externes. C'est ce que les chercheurs appellent la "mortalité extrinsèque" : il s'agit des décès provoqués par des causes extérieures, comme les accidents, la violence ou les infections. En utilisant de nouveaux modèles mathématiques et des simulations pour corriger ce biais, ils ont réussi à isoler la mortalité intrinsèque (liée au vieillissement et aux maladies associées) et révélé dans la revue Science que "l'héritabilité de la durée de vie humaine intrinsèque dépasse 50 %". En clair, cela signifie que la durée de vie d'un individu dépendrait à 50% de l'ADN transmis de génération en génération. Un chiffre bien supérieur à ce qu'on pensait jusque-là.
Cette influence génétique change la perspective pour la médecine de demain. Comme le précise Ben Shenhar, l'un des auteurs de l'étude, "cela incite à rechercher des variants génétiques qui prolongent la durée de vie, afin de comprendre la biologie du vieillissement et, potentiellement, de développer des traitements". En identifiant les gènes associés aux personnes qui atteignent un âge avancé en bonne santé, la science espère mieux comprendre les mécanismes biologiques capables de protéger les Hommes contre le déclin cellulaire. Mais pas question de baisser les bras sous prétexte que "tout serait écrit" dans nos gênes. Ils pèsent plus lourd que prévu dans la balance mais ne décident pas seuls.
Si environ 50 % de notre longévité serait héritée, notre destin n'est pas immuable. Notre hygiène de vie - alimentation, activité physique, sommeil, exposition au stress ou à la pollution - n'altère pas directement notre ADN, mais influence la manière dont il s'exprime. C'est ce que les scientifiques appellent l'épigénétique. En clair, certains gènes liés au vieillissement ou aux maladies peuvent être activés ou freinés selon notre mode de vie. Savoir que "vos gènes ont une importance bien plus grande qu'on ne le pensait" permet surtout d'anticiper ses fragilités pour agir dessus avant qu'elles ne s'expriment. Car si nous ne choisissons pas notre patrimoine génétique, nous gardons la main sur la manière dont il s'exprime.
