"Si j'avais tout mangé, je serais mort" : ce légume de saison peut provoquer une intoxication foudroyante
Ce légume de saison peut devenir toxique une fois préparé. Un risque méconnu qui inquiète les spécialistes de la sécurité alimentaire.
Les intoxications alimentaires touchent chaque année des milliers de Français, le plus souvent par le biais d'aliments mal conservés ou insuffisamment cuits. Mais il existe des empoisonnements plus sournois, provoqués par des aliments en apparence parfaitement inoffensifs, que l'on se procure facilement en supercharché. C'est ce qui est arrivé à Bernard, victime d'une intoxication sévère après avoir cuisiné un simple légume de saison.
Ce soir-là, Bernard cuisine un plat maison avec un légume de saison au goût inhabituellement amer, au point qu'il en laisse la moitié. Quelques heures plus tard, son état se dégrade. "Au cours de la nuit, j'ai vomi 36 fois et à chaque fois ça me coupait la respiration. C'étaient des spasmes extrêmement violents", raconte-t-il au micro d'RTL. Bernard met d'abord cela sur le compte d'une simple indigestion. Mais dans les jours suivants, les choses s'aggravent : "Toute la peau de mon torse et de mon dos partait en neige, comme si j'étais allé au soleil et que je pelais." Le choc survient devant le miroir : "J'ai passé la brosse dans mes cheveux et tous les cheveux sont restés sur la brosse !" Il consulte, multiplie les examens, mais n'obtient aucune réponse sur son état.
C'est une amie qui finit par lui poser la bonne question : "T'aurais pas mangé de la courge ?" Bernard fait alors le lien avec cette amertume qui l'avait interpellé au dîner : "La courge était vraiment amère, vraiment pas bonne." Il avait en réalité mangé une courge amère, une variété non comestible. En contactant un centre antipoison, il découvre l'ampleur du danger : "On m'a dit que c'est le même effet qu'une chimiothérapie." Et si Bernard avait mangé la courge entière ? "C'est simple, vous seriez mort", lui a expliqué son interlocutrice. "Certaines "courges" sont toxiques et contiennent des cucurbitacines, substances très irritantes et amères qui peuvent être responsables de douleurs digestives, de nausées, de vomissements, d'une diarrhée parfois sanglante, voire de déshydratation sévère nécessitant une hospitalisation", rappelle l'Anses. Ces toxines, "persistantes à la cuisson", sont "naturellement fabriquées par les courges sauvages pour repousser les insectes prédateurs".
Le phénomène concerne d'abord les coloquintes, ou courges ornementales, "toutes considérées comme toxiques". Vendues dans le commerce, elles peuvent être confondues avec des courges comestibles. Mais des courges alimentaires peuvent aussi devenir toxiques par hybridation avec ces variétés amères. Or rien ne permet de les distinguer à l'œil nu au moment de l'achat : "Les courges non comestibles ont strictement la même apparence que les courges comestibles", prévient l'Anses.
Le seul indicateur fiable reste le goût : "Elles ont un goût amer, contrairement aux courges comestibles qui ont un goût neutre ou légèrement sucré." La règle est donc simple : goûter un petit morceau cru avant toute préparation et jeter sans hésiter toute courge amère. En cas de symptômes, appelez un centre antipoison (01 45 42 59 59) ou le 15. Conservez les restes du repas pour d'éventuelles analyses.