Les neurosciences révèlent la durée d'une sieste pour un cerveau plus performant, ça se compte en minutes

Les neurosciences révèlent la durée d'une sieste pour un cerveau plus performant, ça se compte en minutes

Faire une sieste ne sert pas seulement à se reposer, c'est aussi essentiel pour la récupération des neurones dans le cerveau, comme le démontrent des chercheurs en neurosciences.

On sait que le sommeil joue un rôle central dans la mémoire et l'apprentissage, mais les mécanismes précis à l'œuvre dans le cerveau restent encore activement étudiés. Une recherche récente publiée dans la revue scientifique NeuroImage s'est intéressée à une question très concrète : que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'on fait une sieste dans l'après-midi ? Les auteurs partent d'un constat bien documenté en neurosciences : plus la journée avance, plus l'activité cérébrale renforce les connexions entre neurones. À force d'être sollicité, le cerveau finit par atteindre un état de saturation, dans lequel il devient moins réceptif à de nouvelles informations et moins efficace pour apprendre. C'est là que la sieste prendrait tout son sens pour le réparer.

L'objectif de l'étude était donc de mesurer si une sieste permet réellement de "réinitialiser" le cerveau sur le plan biologique, et pas seulement de procurer une sensation subjective de repos. Pour cela, les chercheurs ont travaillé avec vingt adultes jeunes et en bonne santé qui ont soit fait une sieste, soit sont restés éveillés pendant deux après-midi. Pour observer ce qui se passait concrètement dans le cerveau, les chercheurs ont utilisé des méthodes indolores qui permettent de mesurer son activité sans l'endommager. Elles leur ont servi à évaluer deux choses essentielles. D'abord, le niveau de "surcharge" du cerveau, c'est-à-dire à quel point les connexions entre neurones étaient déjà très sollicitées après plusieurs heures d'éveil. Ensuite, ils ont mesuré la capacité du cerveau à créer ou renforcer de nouvelles connexions, un processus indispensable pour apprendre et mémoriser de nouvelles informations.

Les résultats sont clairs et cohérents sur le plan neurobiologique : la sieste qui permet de restaurer le mieux ces mécanismes dure environ 45 minutes. Après cette durée de sieste, les chercheurs ont constaté que l'activité des connexions entre neurones diminuait légèrement, signe que le cerveau avait pu relâcher la pression accumulée pendant l'éveil. Dans le même temps, le cerveau retrouvait une meilleure capacité à créer de nouvelles connexions, ce qui le rendait plus disponible pour apprendre, mémoriser ou se concentrer efficacement.

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Autrement dit, après une sieste d'environ 45 minutes, le cerveau n'est pas seulement reposé : il est objectivement plus apte pour former de nouvelles connexions et à apprendre efficacement. À l'inverse, rester éveillé sur la même période maintenait un état de saturation synaptique, moins favorable aux performances cognitives.

Ces résultats apportent un éclairage scientifique sur l'intérêt de la sieste en journée, au-delà des idées reçues. Il ne s'agit pas seulement de lutter contre la somnolence, mais bien d'optimiser le fonctionnement du cerveau lorsqu'il est soumis à une charge mentale prolongée. Les auteurs soulignent toutefois que leurs observations concernent des adultes jeunes sans troubles du sommeil, et qu'elles ne remplacent pas les bénéfices d'un sommeil nocturne suffisant. Néanmoins, dans un contexte de travail intellectuel, d'apprentissage ou de concentration prolongée, une sieste d'une quarantaine de minutes apparaît comme une stratégie efficace pour redonner au cerveau une véritable capacité de performance.