Travailler en horaires décalés fatigue le cerveau

Loin des foules du métro-boulot-dodo, ces salariés qui travaillent de nuit n'ont pas une vie plus zen pour autant. Selon une étude publiée ce mardi, le travail de nuit accélère le vieillissement cognitif.

Travailler en horaires décalés fatigue le cerveau
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Professionnels de santé, travailleurs à la chaîne, présentateurs de news matinales à la radio... Nombreuses sont les professions qui exigent d'adopter un rythme de vie complètement décalé. Et alors que de plus en plus de Français sont contraints de travailler la nuit, des études sur l'impact du travail nocturne sur la santé sont régulièrement publiées. Une fatigue chronique et des troubles du sommeil sont souvent constatés, ainsi que des troubles de la digestion. Des études ont aussi montré le risque d'apparition d'ulcères ou de maladies cardiovasculaires. Le travail posté de nuit (avec des alternances irrégulières de périodes de travail jour-nuit) a même été classé cancérogène "probable" en 2007 par le Centre international de recherche sur le cancer (IARC). La faute de tous ces troubles ? La perturbation du rythme circadien qui entraîne des troubles du métabolisme ainsi qu'une altération de la réponse immunitaire.
Vieillissement cognitif de 6,5 ans. Cette fois, une vaste étude, menée sur 3000 salariés du sud de la France et suivis pendant 10 ans, s'est intéressée aux effets du travail de nuit sur les capacités cognitives. Les salariés travaillaient tous dans le secteur de la production et avaient entre 32 et 62 ans au début de l'étude. Leurs capacités cognitives (mémoire, attention, vitesse de réaction) ont été mesurées à trois reprises (1996, 2001 et 2006) par des tests neuropsychologiques. Au final, l'étude publiée dans la revue médicale Occupational and Environmental Medicine conclut que les salariés qui avaient eu un travail posté pendant dix ans ou plus, présentaient un déclin cognitif nettement plus rapide que les autres. Selon Jean-Claude Marquié, un chercheur du CNRS à Toulouse qui a coordonné l'étude, la baisse des scores obtenus équivaut à "un vieillissement cognitif de 6,5 ans", soit une baisse non "négligeable" mais qui demande encore à être confirmée par d'autres études. "On savait déjà qu'il y avait des effets à court terme, mais on ne savait pas si ceux-ci se maintenaient pendant longtemps", explique-t-il. Et justement, l'étude a permis de montrer que l'impact négatif sur les capacités cognitives persistait pendant au moins cinq ans après l'arrêt du travail posté, même s'il existait une "grande variabilité" selon les individus. Selon le chercheur il existe des moyens préventifs pour diminuer cette perte cognitive. Par exemple, une meilleure organisation du travail permettant de favoriser les "horaires les plus favorables au sommeil". "Il vaut mieux par exemple démarrer à 6 heures du matin plutôt qu'à 4 heures" relève-t-il. 

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