Fatigue permanente : 3 signes qui prouvent que votre thyroïde est malade
Le Dr Pierre Nys, endocrinologue, nous aide à repérer les 3 signaux d'alarme d'une thyroïde au ralenti et à faire la différence avec un simple coup de mou.
Un coup de mou passager après une grosse semaine, cela arrive à tout le monde. Mais quand l'épuisement s'installe pour de bon et devient une chape de plomb impossible à soulever, la cause est peut-être ailleurs. Nichée à la base de notre cou, la thyroïde est le véritable chef d'orchestre de notre organisme. Lorsqu'elle fonctionne au ralenti, c'est tout notre corps qui passe en mode "veille". Comment faire la différence entre une fatigue ordinaire et un véritable problème thyroïdien ? Le Dr Pierre Nys, médecin endocrinologue et auteur du "Nouveau Régime IG Thyroïde" (éd. Leduc), nous aide à repérer les signes qui ne trompent pas.
Contrairement à la fatigue liée à la ménopause, qui est fluctuante d'un jour à l'autre, celle de l'hypothyroïdie s'installe de manière sournoise et continue. Elle se caractérise par une immense "fatigabilité" : le matin reste gérable, mais le niveau d'énergie s'effondre totalement au fil de la journée. Le Dr Pierre Nys insiste sur l'impact global de ce ralentissement : "C'est une fatigue qui est à la fois physique, psychique, intellectuelle et sexuelle". Plus le temps passe sans diagnostic, plus elle s'aggrave, au point de transformer les tâches quotidiennes en montagnes insurmontables. L'expert se souvient ainsi d'une patiente "qui arrivait à prendre une demi-journée juste pour faire une tarte aux pommes".
Pour imager l'hypothyroïdie, le Dr Nys utilise une métaphore très parlante : "C'est l'escargot triste". Ce dérèglement plonge l'organisme dans une apathie générale. C'est le premier signe : vous vous sentez constamment ralentie, d'humeur maussade, une frilosité permanente s'installe, avec la sensation d'avoir toujours les extrémités glacées, et une libido qui chute de manière très significative. En gros, c'est l'impression de vivre au ralenti et de tourner au ralenti, qui montre que la thyroïde est sans doute paresseuse. Sur la balance, cela se traduit souvent par une prise de poids, mais celle-ci reste modeste. Il s'agit plutôt d'une infiltration d'eau : un gonflement visible, notamment au niveau des paupières et des contours du visage dès le réveil.
Deuxième signe plus surprenant mais très révélateur du ralentissement : la voix peut se modifier, devenant plus lente, plus grave et plus rauque, comme si parler demandait un effort supplémentaire. "Le mauvais fonctionnement des cordes vocales est en relation avec une infiltration, un gonflement, comme on peut le constater sur le visage et les paupières", nous précise l'endocrinologue.
Puisque la thyroïde régule aussi notre métabolisme et la beauté de nos phanères (cheveux, ongles, poils), le troisième signal d'alarme majeur est la modification de la chevelure. "Une femme qui a des cheveux qui ne se tiennent plus, qu'elle n'arrive plus à coiffer peuvent être un signe. Les femmes s'en rendent compte, elles connaissent leur chevelure", souligne l'endocrinologue.
Si vous cochez ces cases, un simple repos ne suffira pas à régler le problème. Il est essentiel de consulter son médecin pour réaliser un bilan sanguin (notamment un dosage de la TSH). Bonne nouvelle : une fois l'hypothyroïdie diagnostiquée et compensée par un traitement adapté, le métabolisme se relance et tout rentre dans l'ordre. Le Dr Nys invite également, en période de périménopause, à faire vérifier le bon fonctionnement des glandes surrénales, qui travaillent souvent de concert avec la thyroïde et peuvent accentuer cette faiblesse générale.