Sclérose en plaques : les personnes nées avant 1976 doivent surveiller ce symptôme
Considérée comme une maladie de jeunes adultes, la sclérose en plaques touche aussi les plus de 50 ans. Chez ces patients, la maladie avance masquée derrière un signal d'alarme très spécifique, trop souvent confondu avec les effets de l'âge.
La sclérose en plaques (SEP) concerne quasiment 120 000 Français, avec une forte prépondérance féminine (les deux tiers des patients sont des femmes) et un diagnostic posé le plus souvent entre 25 et 35 ans. Pourtant, la réalité scientifique évolue : l'âge moyen de détection ne cesse de reculer depuis des décennies. En effet, près de 15 % des cas sont des formes que la médecine appelle "la sclérose en plaques à début tardif". "La SEP peut en effet être diagnostiquée un peu plus tard, après 50 ans, et dans ce cas, il y a autant d'hommes que de femmes touchés", nous expliquait le Pr Céline Louapre (Sorbonne Université, AP-HP), neurologue à l'hôpital Pitié-Salpêtrière et responsable du centre d'investigation clinique à l'Institut du Cerveau.
Le grand danger de cette forme tardive réside dans sa capacité à avancer masquée, ce qui entraîne des retards de diagnostic. Chez les patients plus jeunes, la maladie se déclare généralement par des crises soudaines, comme une baisse brutale de la vision ou des engourdissements intenses, qui alertent immédiatement. Après 50 ans en revanche, elle s'installe de manière lente, diffuse et continue. Parce que les premiers signaux sont discrets et s'étalent sur plusieurs mois, les patients, mais aussi les médecins, commettent souvent l'erreur de les attribuer à de l'arthrose, à des rhumatismes, à des problèmes de circulation sanguine ou simplement aux effets inévitables du vieillissement.
C'est là qu'intervient le signal d'alarme que les personnes nées avant 1976 (qui ont donc 50 ans cette année) doivent impérativement surveiller : une raideur inhabituelle ou des troubles de l'équilibre localisés au niveau des jambes, apprend-on dans une étude publiée dans le Journal of Neurology. Concrètement, c'est l'impression persistante de "traîner le pied" en fin de promenade, d'avoir des jambes qui semblent anormalement lourdes au réveil, ou de subir des trébuchements inexpliqués lors de gestes du quotidien. "Par exemple, le patient peut constater une perte de force musculaire pendant son footing, puis au fil des mois, la faiblesse musculaire va s'intensifier de plus en plus, pendant la marche", illustre la neurologue. Ce manque de force et de souplesse dans les membres inférieurs peut être révélateur d'une sclérose en plaques.
Bien entendu, ressentir une lourdeur dans les jambes peut être dû à plusieurs causes et ça ne signifie pas automatiquement que l'on souffre de cette affection neurologique. Cependant, face à ce type de symptôme, le bon réflexe est d'en parler à son médecin généraliste qui envisagera un bilan neurologique ou une IRM. Détecter la maladie au plus tôt reste la clé pour mettre en place des traitements adaptés et préserver durablement votre mobilité ainsi que votre qualité de vie.
Heureusement, c'est une maladie dont les critères diagnostiques sont connus et que le corps médical maîtrise parfaitement. Une étude récente met d'ailleurs en avant une grande stabilité de la maladie, tant au niveau de son évolution que de son épidémiologie, puisque le nombre de nouveaux cas n'a pratiquement pas bougé en 10 ans. De plus, les vingt dernières années ont été marquées par des progrès thérapeutiques majeurs, offrant des perspectives particulièrement encourageantes et rassurantes pour les patients.
