3 morts à cause du hantavirus : quels symptômes ?

Les autorités internationales enquêtent sur l'origine de cette contamination exceptionnelle.

3 morts à cause du hantavirus : quels symptômes ?
© 123rf-voobino

L'Organisation mondiale de la Santé a annoncé le dimanche 3 mai le décès de trois personnes des suites d'une infection à un hantavirus survenue à bord d'un navire de croisière - le MV Hondius de la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions - actuellement au large du Cap-Vert dans l'Atlantique. Plusieurs autres passagers sont sous surveillance médicale ou en cours d'évacuation. Les autorités internationales enquêtent sur l'origine de cette contamination exceptionnelle.

Ces décès n'ont pas eu lieu sur le territoire français : les victimes sont un couple de ressortissants néerlandais et une troisième personne anonyme. En France métropolitaine, le risque d'infection au hantavirus reste faible. Selon le dernier rapport de surveillance du Centre National de Référence (CNR) de l'Institut Pasteur, quelques cas ont été confirmés au printemps 2026 dans le quart Nord-Est (Aisne, Meuse), mais ils concernent la souche "Puumala", beaucoup moins sévère que celle observée lors de ce drame maritime.

Une infection au hantavirus s'attrape en respirant de la poussière contaminée par les sécrétions (urine, excréments, salive) de rongeurs infectés, ou plus rarement par une morsure ou un contact direct avec une plaie. Sur ce navire, les experts privilégient la piste d'une contamination commune (nourriture ou local de stockage infesté par des rongeurs lors d'une escale). Malgré la promiscuité à bord, les experts rappellent que la transmission interhumaine est quasi inexistante pour ce virus, écartant ainsi le risque d'une contagion en chaîne hors des zones de foyer initial.

Distribution spatiale en France métropolitaine des cas confirmés d'infection récente par un hantavirus Janvier-Mars 2026 © CNR de l'Institut Pasteur

La maladie débute souvent comme une grosse grippe, ce qui peut retarder le diagnostic. Les symptômes principaux, qui surviennent entre 1 et 5 semaines après la contamination, incluent : une forte fièvre brutale accompagnée de frissons, des maux de tête intenses et des douleurs musculaires (myalgies) ainsi que des troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales). En fonction de la souche, une baisse de la tension artérielle, une insuffisance rénale ou des difficultés respiratoires sévères peuvent apparaître dans un second temps. Si le virus peut être bénin, il peut aussi devenir redoutable avec des taux de mortalité grimpant jusqu'à 40 % pour les formes pulmonaires les plus sévères à l'étranger.

Il n'existe aucun traitement antiviral spécifique ni de vaccin contre l'hantavirus. La prise en charge repose sur le traitement des symptômes en milieu hospitalier (réhydratation, assistance respiratoire ou dialyse si les reins sont touchés). La prévention reste donc la meilleure barrière. 

Avant de nettoyer une cave, un grenier ou un abri de jardin resté fermé, aérez au moins 30 minutes et portez un masque pour éviter d'inhaler les particules de déjections de rongeurs séchées. Lavez-vous les mains après tout contact avec du bois de chauffage ou des travaux de jardinage. Portez des gants si vous manipulez de la terre ou du bois. Dératisez et empêchez l'accès des rongeurs à votre domicile et stockez la nourriture dans des boîtes hermétiques. Si vous présentez une fièvre inexpliquée après avoir nettoyé un local poussiéreux ou manipulé du bois, consultez un médecin en lui mentionnant cette activité.