Une nouvelle grippe peut sauter des vaches à l'Homme : elle provoque des symptômes très...
Alors que l'épidémie hivernale de grippe classique s'essouffle, les virologues ont les yeux rivés sur un virus méconnu qui vient de franchir une étape cruciale : la transmission entre humains.
Jusqu'ici cantonnée aux étables et aux troupeaux de bovins, une nouvelle grippe franchit une étape qui inquiète la communauté scientifique. Si elle ne provoque pas encore de vagues d'hospitalisations comme la grippe A, elle est devenue en ce début d'année le "point de vigilance" numéro 1 des virologues. L'alerte a été donnée fin janvier 2026 par des chercheurs du Emerging Pathogens Institute : une souche isolée en Chine au cours de l'hiver 2025-2026 a révélé des contaminations entre humains (environ une dizaine de cas groupés au sein de familles où un seul membre travaillait en contact avec des vaches). Ce n'est plus seulement l'animal qui infecte l'Homme : pour la première fois, le virus a été tracé passant d'un individu à un autre au sein de groupes familiaux, confirmant que le virus a franchi la barrière interhumaine.
L'inquiétude est renforcée par un contexte immunitaire fragile. La grippe saisonnière classique dominée cette année par le variant K du virus H3N2 (contre lequel le vaccin actuel a montré une efficacité limitée) a durement éprouvé les organismes. Les experts craignent que cette grippe - nommée la grippe D - ne profite de cette baisse de défense globale pour s'installer. Aux États-Unis, des tests sérologiques récents montrent déjà que 97 % des travailleurs au contact des bovins possèdent des anticorps, preuve d'une circulation bien plus large qu'imaginée. Dans la population générale, aucun foyer épidémique massif n'est déclaré à ce jour, mais le virus est désormais classé par l'OMS comme "pathogène à potentiel pandémique" à surveiller de près.
En 2026, la grippe D est décrite comme une infection "subclinique". Cela signifie que si on l'attrape, on a de grandes chances de n'avoir aucun symptôme ou des signes très légers comme une légère irritation de la gorge, une fatigue passagère et des symptômes de rhume discrets. Le danger n'est pas sa virulence actuelle, mais sa capacité à muter.
Les experts craignent que pour chaque cas identifié en laboratoire, il pourrait y en avoir des centaines d'autres dans la population générale qui passent inaperçus (confondus avec un simple rhume). "Si ce virus développe la capacité de se transmettre facilement d'une personne à l'autre, il pourrait provoquer des épidémies, voire des pandémies, car la plupart des gens ne seront pas immunisés", déclare John Lednicky, co-auteur de l'étude et professeur de recherche. La Chine et les Etats-Unis sont les deux zones de surveillance maximale en raison de la densité des élevages industriels. En France, la Direction Générale de la Santé a émis des bulletins de vigilance renforcée début 2026. En mars 2026, bien que l'épidémie de grippe classique se soit terminée fin février, la surveillance des zoonoses reste à un niveau "élevé". On surveille particulièrement les élevages bovins en Bretagne et dans le Grand Ouest.
Le vaccin antigrippal 2026 ne protège pas contre le type D. La prévention est donc purement comportementale. Les professionnels doivent strictement porter un masque et des gants en présence de bétail. Le grand public doit éviter les contacts directs et non protégés (caresses, visites de fermes pédagogiques) avec des animaux de ferme en cas d'épizootie locale. Le lavage des mains reste la meilleure barrière, le virus D étant sensible aux solutions hydroalcooliques. Pour information, le nom "grippe D" suit simplement l'ordre alphabétique des découvertes des familles de virus Influenza. Ses caractéristiques génétiques sont suffisamment différentes des types A, B et C pour constituer un groupe à part entière. Sa structure est plus proche du type C, mais elle s'attaque prioritairement aux bovins.