Hémiplégie : peut-on en guérir ?

Une personne victime d'hémiplégie a un côté du corps paralysé totalement ou partiellement. La première cause est l'AVC mais il y en a d'autres... Comment devient-on hémiplégique ? Quels sont les traitements possibles ? Réponses avec le Dr Jean-Denis Turc, neurologue et vice-président de la Fédération Française de Neurologie.

Définition

L'hémiplégie est une paralysie, c'est-à-dire la diminution ou l'abolition totale de la motricité du corps, qui n'affecte qu'un seul de ses côtés (hémicorps). Elle peut toucher indifféremment le côté droit ou le côté gauche. Enfants comme adultes peuvent être victimes d'une hémiplégie.

Hémiplégie droite

Une hémiplégie droite désigne une paralysie touchant l'hémicorps droit et est le symptôme d'une atteinte siégeant à la partie gauche du cerveau. En général, l'hémisphère gauche du cerveau est l'hémisphère dominant. En cas de lésion de cet hémisphère dominant, certains autres signes cliniques peuvent être présents, en rapport avec les fonctions spécifiques de cette partie du cerveau. Il s'agit d'une aphasie, de troubles de la parole, et d'une apraxie, troubles de l'exécution des mouvements.

Hémiplégie gauche

Une hémiplégie gauche désigne une paralysie concernant l'hémicorps gauche, conséquence d'une atteinte de la partie droite du cerveau. En général, l'hémisphère droit du cerveau est l'hémisphère mineur. En cas de lésion de l'hémisphère mineur, des symptômes spécifiques peuvent apparaître, conséquences des fonctions spécifiques exercées par cette partie du cerveau. On peut ainsi rencontrer une héminégligence ou la non-reconnaissance par la personne de la partie du corps atteinte, comme ne lui appartenant pas.

Cette pathologie peut atteindre de manière uniforme l'ensemble de l'hémicorps (la face, le membre supérieur et le membre inférieur). Mais elle peut toucher seulement ou une ou plusieurs de ces parties. " C'est surtout le membre supérieur qui est atteint ", complète le Dr Jean-Denis Turc, neurologue et vice-président de la Fédération Française de Neurologie (FFN).

Les signes d'une hémiplégie

Les signes cliniques de l'hémiplégie diffèrent en fonction de la zone cérébrale impactée et du type d'hémiplégie. Cependant, la fonction motrice est la première à être touchée puisque la jambe, le bras et le visage peuvent être impactés en même temps ou isolément. Dans le cadre d'une hémiplégie partielle, la force musculaire et la mobilité du patient sont réduites, contrairement à une hémiplégie totale où elles sont inexistantes. Par ailleurs, la paupière et le sourire peuvent être affectés dès lors que l'hémiplégie touche le visage.

"La première cause c'est l'AVC"

Dans tous les cas, deux types d'hémiplégies sont observables : l'hémiplégie spasmodique (ou spastique) et l'hémiplégie flasque. Contrairement au premier type qui se caractérise par des muscles raides, l'hémiplégie flasque se manifeste par la mollesse et l'affaiblissement des muscles atteints.

En plus des symptômes moteurs plus ou moins importants, l'hémiplégie provoque les symptômes suivants : une diminution de la sensibilité de l'hémicorps atteint, des troubles du langage, des troubles sphinctériens, des troubles de la déglutition, des troubles sensoriels, des troubles sexuels.

Les causes d'hémiplégie

L'hémiplégie est due à une atteinte du système nerveux central, touchant une partie du cerveau ou de la moelle épinière. Si la lésion cérébrale se situe sur la partie gauche du cerveau, c'est l'hémicorps droit qui présentera des symptômes moteurs, et inversement.

"La première cause d'une hémiplégie est l'accident vasculaire cérébral (AVC)", précise Jean-Denis Turc. Mais d'autres facteurs peuvent provoquer cette pathologie : elles peuvent être d'ordre traumatique (hématomes et contusions cérébrales), tumorales (tumeur cérébrale), inflammatoire (SEP...), infectieuse (encéphalites)... Il existe aussi des hémiplégies d'origine congénitale, c'est-à-dire présentes dès la naissance.

Diagnostic

En premier lieu, il faut consulter un neurologue pour le diagnostic, le traitement et le pronostic, puis les médecins rééducateurs. " Le diagnostic est clinique. On y met en évidence la diminution de la force et on recherche d'autres signes associés (comme les réflexes). Les examens complémentaires servent à préciser la cause de l'hémiplégie : montrer un AVC, une tumeur… ", développe le Dr Jean-Denis Turc.

Traitements : peut-on guérir d'une hémiplégie ?

La personne présentant une hémiplégie doit faire l'objet d'une prise en charge médicale d'urgence afin de contenir son évolution. Pour cela, la cause ayant provoqué la paralysie doit être détectée et éliminée. Au terme du traitement de la phase aiguë, le traitement consiste à aider le patient à récupérer une fonction motrice acceptable par le biais d'un protocole de rééducation adapté. "Il existe des possibilités de récupération importante grâce à la plasticité cérébrale", rassure Jean-Denis Turc, qui ajoute : "Il faut débuter rapidement et poursuivre une rééducation multimodale : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie." Toutefois, l'hémiplégie peut parfois être séquellaire, notamment en cas d'AVC qui a entraîne des lésions irréversibles du cerveau.

Merci au Dr Jean-Denis Turc, neurologue et vice-président de la Fédération Française de Neurologie (FFN).

Hémiplégie : peut-on en guérir ?
Hémiplégie : peut-on en guérir ?

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