No Nut November : un défi bon pour la santé des hommes ?

Le mois de novembre est l'occasion pour les hommes qui le souhaitent de participer au "Not Nut November" ou NNN. Qu'est-ce que ça signifie ? Quelles sont les règles de ce challenge ? A-t-il des bienfaits santé ? Des méfaits ? Eclairage avec nos médecins spécialistes.

No Nut November : un défi bon pour la santé des hommes ?
© belchonock

Le "No Nut November" (ou NNN) revient chaque année au mois de novembre. Mais qu'est-ce que c'est ? Un challenge pour favoriser le dépistage d'une maladie ? Pour appeler au don en faveur d'une grande cause ? Pas du tout. "No" veut dire "non" en anglais. "Nut" signifie "noix" dans sa traduction classique et peut désigner de façon imagée les testicules mais aussi être employé plus vulgairement pour "éjaculer". Et "November" pour le mois de "novembre". "No Nut November" veut ainsi dire "Pas d'éjaculation en novembre". C'est un challenge qui propose aux hommes de ne pas éjaculer pendant un mois, en l'occurrence le mois de novembre. Pas de masturbation et pas de rapport sexuel donc pour éviter tout accident ! Car si "l'homme peut contrôler l'éjaculation pendant l'activité sexuelle, tant qu'il est en-dessous du seuil éjaculatoire. Au-delà il n'y a plus de contrôle possible" rappelle le Dr Sylvain Mimoun dans le livre "L'univers masculin". En clair : l'homme qui participe au Not Nut November doit être abstinent pendant un mois s'il veut relever le défi.

Ce défi aurait été lancé la première fois en 2010 mais a été popularisé à partir de 2017 sur le réseau social américain Reddit. Plus de 100 000 hommes sont abonnés à la page dédiée pour l'événement. Pour quels bienfaits à l'arrivée ? "Aucune étude scientifique n'a montré de bénéfice ni d'effet négatif d'une abstinence pendant 1 mois" nous répond le Dr Ala Chebbi, chirurgien urologue et andrologue au Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph. Alors quels intérêts ? Se montrer volontaire, courageux ? Sur Twitter, lors du challenge 2021, l'influenceur sportif Tibo InShape disait "ne rien lâcher". D'autres, anonymes, déclaraient qu'il fallait "rester fort""Je ne suis pas sûr que ce soit très bon psychologiquement, commente le Dr Antoine Faix,  urologue, andrologue et sexologue de l'Association française d'urologue (AFU). Et physiologiquement ce n'est sûrement pas neutre. Pour le sperme par exemple, sa qualité est moins bonne au bout de 4 à 5 jours. Il n'est donc pas meilleur si on attend pour avoir des rapports sexuels. Au contraire, c'est même l'inverse. Si le challenge avait au moins pour but d'attirer l'attention sur les pathologies de l'appareil génital masculin, de promouvoir la consultation des hommes jeunes pour parler de santé sexuelle, de contraception masculine ou d'auto-palpation des testiculs ou le dépistage des cancers chez les plus âgés, il aurait plus de sens mais là on n'est pas loin du débile" conclut notre interlocuteur.