Claustrophobie : causes, comment la vaincre ?

La claustrophobie ou phobie de l'enfermement peut représenter un véritable handicap dans la vie quotidienne. Les thérapies cognitives et comportementales ont prouvé leur efficacité pour traiter les phobies en règle générale.Détail avec Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre à Paris.

Claustrophobie : causes, comment la vaincre ?
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Définition : qu'est-ce que la claustrophobie ?

"La claustrophobie est une phobie, qui fait partie des troubles anxieux. C'est la peur d'être dans un espace clos, définit le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre à Paris. Cette peur chez certaines personnes crée un basculement dans l'imaginaire, une panique et donc des comportements d'évitement des lieux clos comme les ascenseurs, métros..." La claustrophobie touche environ 4 à 5% de la population.

Causes 

"La claustrophobie peut avoir de multiples origines. Des éléments traumatiques peuvent avoir participé à cette phobie. Les personnes hypersensibles et celles qui n'ont pas appris gérer leurs émotions (notamment à l'adolescence, lorsque les émotions grandissent, les peurs vont se cristalliser sur un objet) sont plus susceptibles d'en souffrir. Il peut aussi s'agir d'une peur (ici, la peur d'être enfermé) transmise dans l'éducation, décrit le psychiatre. On peut devenir claustrophobe alors qu'on se retrouve dans une situation insécurisante dans un contexte de vulnérabilité (épuisement par exemple). On se pose alors la question "Et si… ? ce qui réveille notre cerveau émotionnel qui prend alors le pouvoir en nous. Le "Et si" se met entre nous et la réalité et vient créer cette phobie, décrypte le Dr Seznec. Ce qui est intéressant c'est la relation à nos émotions, notre relation à la peur, plus que l'objet de la peur. La personne qui a une phobie comme la claustrophobie entretient une relation pathologique à une émotion".

Symptômes d'une crise de claustrophobie 

"Notre système nerveux sympathique, innervant nos organes et qui véhicule les émotions, se met en branle : la personne claustrophobe a des frissons, son transit intestinal s'accélère, elle transpire, son cœur bat vite… Ces sensations physiques sont vécues désormais comme insupportables. Elles déclenchent des commentaires qui alimentent un imaginaire négatif : la personne se dit qu'elle ne va pas pouvoir supporter cela, qu'elle va mourir… décrit le psychiatre. La personne claustrophobe va éviter de se retrouver dans une telle situation, elle finit par avoir peur d'avoir peur." 

Comment diagnostiquer une claustrophobie ? 

"Le diagnostic de la claustrophobie est clinique. C'est un type de phobie assez simple à diagnostiquer" informe le Dr Seznec. Les critères qui permettent un diagnostic sont les suivants : 

  • peur irraisonnée d'être dans un espace clos.
  • crise de panique dans la situation crainte ou à l'idée de la situation.
  • évitement de la situation (la personne évite les espaces clos).

"L'examen clinique aide le thérapeute à comprendre ce qui se passe et à la personne claustrophobe de comprendre ce qui lui arrive. Pour cette dernière, cette mise en position d'observateur va lui permettre de défusionner avec le problème" précise le Dr Jean-Christophe Seznec.

Comment soigner la claustrophobie ?

"Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ont fait leur preuve pour soigner ce type de phobies. Des exercices pratiques peuvent guérir la phobie très rapidement. Les techniques de TCC permettent en premier lieu d'expliquer aux personnes phobiques comment fonctionnent leurs émotions, de les aider à distinguer cerveau émotionnel d'eux-mêmes et de leur faire comprendre comment ce cerveau émotionnel peut gouverner leur mental, de leur apprendre à défusionner leurs pensées et leurs émotions (on fabrique des pensées mais nous ne sommes pas nos pensées)" explique le psychiatre. Et de citer des exemples pour faire la différence entre soi et ses émotions : "au lieu de dire Je suis anxieux, vous allez apprendre à dire "je me sens anxieux", au lieu de dire Je vais tomber dans les pommes, Ma tête me raconte que vais tomber dans les pommes… La deuxième étape est la désensibilisation, comme pour les allergies : des exercices avec un niveau croissant d'anxiété consistent à exposer la personne à ce qui est source de peur, à leur apprendre à observer leurs sensations et leurs pensées et à les aider à créer des pensées alternatives, par exemple, je ne vais pas mourir c'est juste désagréable, une émotion a un début et une fin, informe le Dr Seznec. Les TCC de type ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement), TCC de troisième vague, aident de façon plus spécifique à gérer les émotions avec des techniques de pleine conscience, de respiration ventrale pour que la vague émotionnelle s'éloigne progressivement " précise-t-il.

Quel spécialiste voir ? 

"Il convient de consulter un psychiatre ou un psychologue qui a des compétences dans le domaine des phobies et qui pratique les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC)" recommande le Dr Jean-Christophe Seznec.

Merci au Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre à Paris, auteur de "Débranchez votre mental. Trucs et astuces pour arrêter de ressasser et profiter de la vie", avec Sophie Le Guen, aux Editions Leduc.s, 2019

Source :
Le blog du Dr Jean-Christophe Seznec : Le blog à palabres.

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