Trichotillomanie : symptômes, causes, comment arrêter ?

La trichotillomanie est un trouble dit "autograssif" qui se caractérise par un arrachage compulsif de ses cheveux, de ses poils de barbe, ses cils ou sourcils. Quelles sont les causes ? Est-ce un toc ? Quels traitements pour la vaincre et la soigner ? Le minoxidil ? L'hypnose ? Le point avec le Dr Paul Malekpour, psychiatre à la Clinique des Boucles de la Seine.

Trichotillomanie : symptômes, causes, comment arrêter ?
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Définition : qu'est-ce que la trichotillomanie ?

La trichotillomanie est un comportement compulsif, et organisé, d'arrachage des cheveux qui mène à la disparition des cheveux (alopécie) sur une zone délimitée du cuir chevelu, ainsi que sur d'autres zones pileuses, comme les cils et les sourcils. Si le trouble est désigné par le même nom pour l'enfant et l'adulte, ses formes diffèrent.

  • La trichotillomanie de l'enfant correspond à une compulsion répétitive le plus souvent lié à un épisode de stress temporaire et se rencontre plutôt chez les garçons.
  • La trichotillomanie de l'adulte est plus complexe et se présente sous deux formes cliniques : une forme dite "concentrée sur le geste" dans laquelle l'envie compulsive d'arracher les cheveux est vécue consciemment et suivie d'un sentiment d'apaisement ou de culpabilité, et une forme dite "automatique" dans laquelle l'arrachage de cheveux est réalisé inconsciemment et ne procure pas de soulagement ultérieur.

Causes

Chez l'enfant, la trichotillomanie est souvent liée à un stress et fait donc partie des symptômes d'anxiété. D'autres facteurs interviennent dans l'apparition du trouble comme l'hérédité, ou chez la femme, le cycle menstruel. En effet, une recrudescence des symptômes de la trichotillomanie est observée à la période menstruelle. 

Symptômes

Outre la compulsion d'arrachage, la trichotillomanie est définie par les critères suivants : 

  • Un caractère obsessionnel, c'est-à-dire une perception d'une tension croissante avant l'arrachage et en cas de résistance au comportement d'arrachage, 
  • Une sensation de soulagement après l'arrachage et une extinction de la tension
  • L'absence d'autres troubles mentaux ou affections dermatologiques (comme la pelade) pouvant causer ce comportement, 
  • Des difficultés ou des répercussions sociales ou professionnelles exprimées par le patient.

Trichotillomanie de la barbe, des cils, des sourcils 

"La trichotillomanie peux toucher tous les phanères, c'est-à-dire les cheveux, les poils de barbe, de cils ou sourcils. Dans le cas spécifique des ongles, on parle alors d'onychophagie. Il faut distinguer la trichotillomanie qui est un sous-type de TOC (Troubles obsessionnels compulsifs), d'origine purement anxieuse, des Tics, troubles d'origine neurologique, avec mouvements musculaires saccadés et désorganisés mais conscient, et aggravés par l'anxiété. Leurs traitements respectifs n'étant pas les mêmes", explique le Dr Malekpour.

Formes de trichotillomanie chez l'adulte

  • La trichotillomanie dite "concentrée sur le geste" : le désir d'arracher les cheveux est pleinement conscient, le besoin est irrésistible. Le geste est suivi soit d'un sentiment d'apaisement, soit d'un sentiment de culpabilité. Ceci correspond à une symptomatologie d'origine anxieuse.
  • La trichotillomanie dite "automatique" : l'arrachage des cheveux est réalisé sans en avoir pleinement conscience dans différentes situations courantes (travail, loisirs). Il n'est pas précédé par une phase de tension (besoin irrépressible) et ne procure pas de soulagement ultérieur. 

Trichotillomanie chez l'enfant

Chez l'enfant, la trichotillomanie atteint plus particulièrement les garçons et se manifeste le plus souvent en période de stress. Le trouble est en général transitoire et disparaît spontanément. "Il est souvent associé à l'onychophagie, symptôme très fréquent de stress y compris chez l'adulte, qui consiste à se ronger les ongles de façon compulsive. Le risque chez l'enfant, en dehors d'une stigmatisation esthétique, est l'ingestion de ses cheveux et/ou ongles sur la durée, ce qui peut aboutir dans des cas extrêmes à des occlusions intestinales sur des amas de ces matières dit "trichobézoard", souligne le spécialiste.

Diagnostic

Le diagnostic de trichotillomanie se fonde sur l'interrogatoire et les signes cliniques d'une part, et sur les observations de l'entourage du patient d'autre part.

Traitement pour arrêter

Les formes sévères de trichotillomanie nécessitent une prise en charge adaptée : elle repose principalement sur une psychothérapie comportementale dite TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale) destinée à rééduquer le patient face à son anxiété. "La prescription de psychotropes de type antidépresseurs peut être associée dans les cas sévères mais leur efficacité est mal démontrée dans la trichotillomanie", commente le Dr Malekpour. 

Minoxidil et trichotillomanie

Le Minoxidil est le traitement le plus efficace contre la chute des cheveux. Cette lotion, préconisée à 2% pour les femmes et 5% pour les hommes, est disponible sans ordonnance. Si ce médicament peut effectivement favoriser la repousse, il ne fera pas de miracle tant que le patient ne sera pas traité psychologiquement car c'est là la véritable source du problème.

Hypnose et trichotillomanie

L'hypnose peut aussi être utile dans ce type de trouble car elle va permettre d'en comprendre l'origine.

Merci au Dr Paul Malekpour, psychiatre à la Clinique des Boucles de la Seine.

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