Record des ventes des tests de grossesse durant le confinement

Conséquence attendue ou non du confinement, les achats de tests de grossesse en supermarchés ont bondi ! Pourquoi une telle frénésie d'achat ? Peut-on s'attendre à une hausse de la natalité dans 9 mois ?

Record des ventes des tests de grossesse durant le confinement
© martinak -123RF

Disponibles en vente libre dans les supermarchés, les tests de grossesse connaissent un pic d'achat ces dernières semaines et depuis le premier jour de confinement, à l'inverse de celles des préservatifs qui s'effondrent. 

Pourquoi une hausse des ventes de tests de grossesse ?

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Evolution des ventes de test de grossesse pendant le confinement © Nielsen

Depuis le 16 mars, début du confinement en France, les ventes de tests de grossesse dans les supermarchés se sont envolées de +6 % du 15 au 22 mars, par rapport à la même période l'année dernière ; +18 % la semaine suivante ; +28 % la troisième semaine du confinement, +32% la quatrième semaine et +37 % la cinquième (du 13 au 19 avril), selon la société internationale de mesure & analyse des données Nielsen Groupe. Doit-on s'attendre à un baby boom dans 9 mois ? Pas nécessairement. La hausse des ventes de tests de grossesse ne serait pas liée à une hausse de l'envie de concevoir un enfant mais plutôt à des perturbations du cycle menstruel des femmes pendant la période de confinement, liées à une situation de stress inhabituel. Elles réaliseraient ces tests pour "vérifier" si elles sont enceintes ou non, indique le groupe Nielsen sur France Bleu. Pas toujours facile de repérer sa période d'ovulation ou de fécondité... De plus, beaucoup de femmes n'ont pas toujours repris en temps en heure leur pilule faute d'informations sur les conditions de délivrabilité des contraceptifs durant le confinement. Certaines n'ont pas non plus été informées du droit à l'avortement modifié et allongé pendant le confinement pour leur permettre d'avorter jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée pour une IVG médicamenteuse, au lieu de 7 habituellement.

 

L'infographie de Nielsen montre aussi l'effondrement des ventes de préservatifs, d'environ - 25 % au cours de ces mêmes semaines. Une conséquence directe de la pénurie "désastreuse" de préservatif dénoncée par l'ONU début avril ? Peut-être. La Malaisie, l'un des premiers pays producteurs de préservatifs et de caoutchouc - leur matière première - était en confinement strict dès le 18 mars après une recrudescence des cas de Covid-19. La fabrication des préservatifs s'est arrêtée, entraînant une baisse de production de 200 millions de préservatifs par rapport à la normale de mi-mars à mi-avril. Si les trois entreprises du géant malaisien Karex qui fabriquent ces préservatifs ont pu reprendre leur production, seulement 50% de leur employés sont à leur poste de travail. Et les autres fabricants dans le monde ont été confrontés à des difficultés similaires pour fabriquer et livrer les préservatifs. L'offre mondiale a donc chuté, jusqu'en France où la pénurie s'est faite sentir. Autre possibilité pouvant expliquant une baisse des achats de préservatifs, la fermeture des bars, restaurants et sorties en général... propice aux rencontres.

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