Coronavirus et pilule : comment faire en cas d'urgence ?

Pendant le confinement, l'accès à la pilule s'est compliqué. Besoin d'une contraception d'urgence ? Ordonnance périmée ? Plusieurs mesures ont été mises en place pour permettre aux femmes de continuer à se protéger d'une grossesse non désirée.

Coronavirus et pilule : comment faire en cas d'urgence ?
© Josep Suria - 123RF

En pleine épidémie de coronavirus, beaucoup de femmes se sont inquiétées quand le confinement a été mis en place en France et que les déplacements ont été fortement limités pour continuer de procurer leur pilule contraceptive. Le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran et la secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, ont annoncé le 15 mars 2020 permettre à toutes les femmes qui le souhaitent d'avoir accès à la pilule contraceptive directement en pharmacie, sans passer par un médecin et grâce à une ancienne ordonnance.

Dans quel cas mon ordonnance périmée est encore valable ?

Les femmes qui n'ont pas pu renouveler la prescription de leur moyen contraceptif avant la mise en place des mesures de confinement peuvent se rendre à la pharmacie munies de leur ordonnance expirée de moins d'un an pour se faire délivrer leur pilule habituelle. Le passage par un médecin pour prolonger l'ordonnance n'est plus obligatoire jusqu'au 31 mai. Le pharmacien appréciera qu'il s'agit bien d'une prescription périmée de moins d'un an et du traitement habituel du patient, au regard de son historique qu'il est en mesure de consulter. 

Comment obtenir un contraceptif d'urgence ?

"La pilule du lendemain" est le contraceptif hormonal d'urgence utilisé dans les 72h à 120h (soit 3 à 5 jours) suivant un rapport sexuel non ou mal protégé pour éviter un risque de grossesse non désirée. Son obtention en pharmacie ne fait pas l'objet d'une prescription médicale en temps normal. Elle est délivrée aux personnes majeures sur demande. Toutefois elle peut être prescrite et être remboursée en partie par l'assurance maladie. La décision du gouvernement permet aux femmes d'obtenir cette "pilule du lendemain" sans ordonnance tout en bénéficiant de sa prise en charge. Le souhait du ministre durant cette période de confinement liée à l'épidémie de coronavirus est de ne pas priver les femmes de leurs droits : "Les services de l'Etat doivent s'assurer que, même en période de pandémie et de confinement, le droit des femmes à disposer de leur corps ne soit pas remis en cause."

La contraception d'urgence est également disponible sans ordonnance en pharmacie.

Qui consulter pour un conseils sur un contraceptif, une IVG ?

Les médecins en ville et les sages-femmes sont autorisés - durant la période de confinement liée à l'épidémie de coronavirus - à conseiller les femmes et leurs partenaires sur les questions de contraception. La Secrétaire d'État et le Ministre indiquent que ces mêmes professionnels conventionnés avec un établissement de santé sont habilités à réaliser des IVG médicamenteuses sans passer par l'hôpital jusqu'à 9 semaines d'aménorrhée (au lieu de 7 semaines habituellement). Depuis l'arrêté du 19 mars 2020, les sages-femmes peuvent, comme les médecins, pratiquer des consultations à distance (en téléconsultation). Le Planning Familial maintient son numéro vert, 0800 08 11 11, pour répondre à toute question à ce propos.

Le contraceptif est-il remboursé par l'Assurance maladie ?

Oui, l'arrêté pris par le ministre de la Santé confirme la continuité du remboursement des moyens contraceptifs par l'Assurance maladie dans la poursuite des traitements habituels : "Eu égard à la situation sanitaire, dans le cadre d'un traitement chronique, à titre exceptionnel, lorsque la durée de validité d'une ordonnance renouvelable est expirée et afin d'éviter toute interruption de traitement préjudiciable à la santé du patient, les pharmacies d'officine peuvent dispenser, dans le cadre de la posologie initialement prévue, un nombre de boîtes par ligne d'ordonnance garantissant la poursuite du traitement jusqu'au 31 mai 2020", confirme le texte. 

Gestion de l'épidémie