Cancer de la prostate : causes, traitements, premiers symptômes

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent, à la fois chez l'homme et dans l'ensemble de la population. Premiers signes, causes, diagnostic et traitements... Eclairage du Pierre-Olivier Bosset, chirurgien urologue.

Définition : localisation et rôle de la prostate

La prostate est une glande de l'appareil génital masculin qui joue un rôle hormonal et dans la production du sperme. L'apparition d'un cancer de la prostate correspond à la transformation des cellules de la prostate. Initialement saines, elles se multiplient de manière anarchique jusqu'à former une tumeur maligne. Dans 95% des cas, les cancers sont sous la forme histologique d'adénocarcinome qui se développe à partir des cellules composant le tissu de revêtement de la prostate. Si le cancer se localise au début dans la prostate, la tumeur peut ensuite grossir et envahir d'autres parties du corps.

Stades

L'évolution de cette malade est souvent d'évolution lente. Comme pour tous les cancers, il existe plusieurs stades d'évolution. L'évolution du cancer peut être local ou à distance selon le moment du diagnostic. Le cancer de la prostate peut aller du stade 1 à 4 en fonction de son degré d'extension.

Le cancer de la prostate en chiffres

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent. En 2015, 50 430 nouveaux cas ont été diagnostiqués (chiffres InVs). Avec 8 512 décès en 2015, il occupe le 3e rang des décès par cancer chez l'homme. Plus de 5 cancers de la prostate sur 10 sont liés à une prédisposition héréditaire. L'âge moyen du cancer de la prostate se situe aux alentours de 60-70 ans, mais certains hommes sont affectés à un âge plus précoce. Une baisse de la mortalité par cancer de la prostate est observée depuis 2000. L'amélioration de la prise en charge explique en grande partie les raisons de cette diminution. 

Symptômes

Ce cancer n'est parfois jamais découvert du vivant du malade. Ce n'est donc qu'à un stade d'évolution plus avancé que les premiers symptômes surviennent. Dans la majorité des cas, il s'agit principalement de symptômes urinaires qui affectent les mictions (action d'uriner) : 

  • besoins impérieux d'uriner,
  • fréquence mictionnelle excessive,
  • douleurs mictionnelles, 
  • hématurie,
  • rétention aiguë d'urine,
  • dysurie.

Dépistage et dosage PSA : recommandations sur l'âge et la fréquence

L'âge étant un facteur de risque important, les hommes de plus de 60 ans font l'objet d'une surveillance médicale accrue. Le toucher rectal représente la méthode la plus efficace pour détecter la présence éventuelle d'une masse au niveau de la prostate.

Régulièrement ou en cas de doute, le médecin préconise également un dosage sanguin du taux de Prostate Specific Antigen (PSA), le principal reflet du fonctionnement de la glande prostatique. "Dans l'interrogatoire, il faut aussi rechercher les autres facteurs de risque du cancer de prostate : terrain familial (antécédent de cancer de prostate) et origines ethniques (DOM-TOM, africains)", détaille le Dr Pierre-Olivier Bosset, chirurgien urologue. Le dosage du PSA, antigène prostatique spécifique, est une protéine fabriquée exclusivement par la prostate qui permet d'évoquer le diagnostic et de surveiller l'évolution du cancer de la prostate. Il s'agit d'un dosage très sensible dans le dépistage du cancer.

Examens et diagnostic

Les biopsies de prostate permettent de faire le diagnostic de cancer de la prostate. En cas de résultats positifs, un bilan plus complet sera réalisé afin de déterminer la nature du cancer, son stade d'évolution et son extension. 

Le toucher rectal est l'étape initiale dans la recherche d'un cancer de la prostate. Il est conseillé aux hommes de plus de 50 ans de faire réaliser par leur médecin traitant, une fois par an, un toucher rectal, afin de dépister la maladie au stade le plus précoce.  La biopsie est effectuée sous contrôle échographique voir sous IRM-guidée.

Traitements : soigner un cancer de la prostate

Le traitement proposé, en accord avec le patient, repose sur l'avis rendu en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Chirurgie, radiothérapie, curiethérapie, associées ou non à une hormonothérapie et éventuellement une chimiothérapie sont envisagés selon le stade de la tumeur. La décision du choix du traitement est prise au cours d'une réunion de concertation pluridisciplinaire appelée RCP.  

Radiothérapie externe

La radiothérapie externe détruit les cellules de la tumeur en irradiant la prostate grâce à une source de rayons située à l'extérieur du patient.

Curiethérapie

La curiethérapie s'effectue pour des cancers localisés de faible risque. Ce traitement présente l'avantage d'être faiblement toxique pour les organes proches de la prostate, de nécessiter une hospitalisation plus courte (environ un ou deux jours) et des complications moins importantes (troubles urinaires et impuissance).   

Hormonothérapie

Elle consiste à bloquer les hormones "masculines" responsables du développement de la tumeur. Les modalités d'hormonothérapie sont variables. Ce traitement concerne plus particulièrement les hommes âgés et les hommes ayant un cancer étendu accompagné de métastases. C'est le traitement de référence du cancer de la prostate avec atteinte ganglionnaire pelvienne et du cancer de la prostate métastatique. L'hormonothérapie peut-être proposée isolément ou avec la radiothérapie externe selon l'état d'avancement du cancer de prostate.   

Chimiothérapie

La chimiothérapie concerne certains cas de cancer hormono-résistants ou les cancers de prostate d'emblée multi-métastatiques.

Prostatectomie

La prostatectomie consiste à enlever chirurgicalement la prostate et les vésicules séminales. "Les voies d'abord possible sont par voie ouverte, par cœlioscopie ou par cœlioscopie robot assistée. La préservation des bandelettes d'érection se discute en fonction, de l'état d'avancement du cancer de prostate mais aussi de la fonction sexuelle du patient avant la chirurgie", explique le Dr Brosset.

Prévention : éviter le cancer de la prostate

Il est possible d'agir sur certains facteurs de risque. En effet, il est recommandé de :

  • surveiller son hygiène de vie,
  • pratiquer une activité physique minimum plusieurs fois par semaine,
  • limiter sa consommation de viande et de produits trop riche en calcium,
  • éviter les aliments conduisant à un apport calorique important.
  • respecter une alimentation riche en légumineuses, en lycopène (tomate) et en vitamine E.

Toutefois, "l'impact de ces recommandations reste cependant aujourd'hui difficile à vérifier", tempère le Dr Brosset.

Pronostic : peut-on en guérir ?

Le PSA devient presque indétectable lorsqu'un traitement a été entrepris avec succès. Le suivi du traitement repose sur l'examen clinique et un dosage répété du PSA. Une remontée du taux de PSA peut signifier une récidive du cancer ou refléter une inefficacité du traitement. Dans ce cas, un traitement adapté est alors décidé. Dans tous les cas, plus la maladie est détectée précocement et plus les chances de guérison sont importantes.

Merci au Dr Pierre-Olivier Bosset, chirurgien urologue.

Cancer de la prostate : causes, traitements, premiers symptômes
Cancer de la prostate : causes, traitements, premiers symptômes

Sommaire Définition Stades Chiffres Symptômes Dépistage Examens et diagnostic Traitements • Radiothérapie • Curiethérapie • Hormonothérapie • Chimiothérapie • Ablation Prévention Pronostic ...

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