Ce médicament pris par 150 000 Français est dangereux avec de la mangue : il y a un risque d'hémorragie
Si l'on savait déjà que le pamplemousse pouvait dangereusement interagir avec certains médicaments, un autre fruit star des étals pourrait lui aussi perturber l'efficacité du traitement et augmenter les risques d'hémorragie, alerte un célèbre hôpital.
L'interaction entre certains fruits avec des médicaments est déjà bien connue du grand public. Le pamplemousse par exemple, pris en même temps que plusieurs types de médicaments, bloque une enzyme intestinale et entraîne un risque de surdosage dangereux. Mais un autre fruit star de nos étals estivaux pourrait lui aussi perturber certains traitements : la mangue. "Consommée en excès, elle peut inhiber le métabolisme des médicaments et, par conséquent, augmenter considérablement le risque d'hémorragie interne", explique l'hôpital général Cheng Hsin à Taïwan auprès du Taipei Times. De quel médicament parle-t-on ?
Pour mesurer précisément ce danger, des chercheurs de la Harvard Medical School ont épluché une vingtaine d'essais cliniques ainsi que de nombreuses études de suivi de patients afin d'évaluer l'impact direct d'aliments ciblés (comme le pamplemousse, la canneberge, le gingembre ou la mangue) sur des traitements oraux, composés d'une molécule en particulier.
D'après les résultats de leurs recherches, la mangue entre en interaction avec une molécule appelée warfarine. En temps normal, le foie détruit progressivement ce produit pour éviter qu'il ne s'accumule. Or, selon l'hypothèse avancée par les auteurs, la vitamine A et les antioxydants de la mangue viendraient bloquer les mécanismes chargés de cette élimination. Résultat : le produit stagne dans l'organisme, le traitement devient trop puissant et le risque de saignement augmente. Pour rappel, un autre médicament dangereux pour le foie avait été retiré du marché récemment.
En France, la Coumadine® est le seul médicament commercialisé contenant la molécule de warfarine. Prescrit pour "fluidifier le sang", ou plus exactement pour ralentir sa coagulation, cet anticoagulant empêche la formation de caillots sanguins mortels chez les personnes souffrant de troubles du rythme cardiaque (fibrillation atriale), de phlébites ou portant une valve cardiaque artificielle. Attention toutefois : la warfarine n'est pas le seul anticoagulant de ce type. En France, beaucoup de patients prennent plutôt du Previscan® ou du Sintrom®, qui appartiennent à la même famille de médicaments. Si cette interaction a été mesurée spécifiquement avec la warfarine, la plus grande prudence reste de mise avec les autres antivitamines K (comme le Previscan® ou le Sintrom®), dont le fonctionnement est très similaire.
Faut-il bannir totalement la mangue de son assiette ? Heureusement non, des études supplémentaires sur l'Homme sont d'ailleurs indispensables selon les scientifiques. Mais la modération est de rigueur. Les experts recommandent de "limiter la consommation de mangues à moins d'un fruit par jour" pour éviter de déstabiliser son traitement. Une étude menée en Malaisie nuance et explique que ce sont surtout les excès et les changements brusques d'alimentation qui posent problème, non les petites portions occasionnelles. La règle d'or sous anticoagulant reste de conserver des habitudes alimentaires stables, de prendre ses comprimés à heure fixe, de ne pas manquer ses prises de sang de contrôle et de consulter immédiatement un médecin en cas de bleus inexpliqués ou de saignements de nez.
