Pas de doute : ce signe est le plus typique pour savoir si on est en préménopause
La préménopause peut s'installer plusieurs années avant l'arrêt des règles, généralement vers 45 ans. Comment la reconnaître ? Quels signes surveiller ? Le Dr Michel Mouly, gynécologue nous aide à y voir clair.
Quelque chose a changé dans votre corps, mais vous ne comprenez pas quoi. C'est peut-être le début de la ménopause. Mais derrière ce terme, la transition qui s'opère reste largement méconnue. "Le mot ménopause désigne un symptôme, l'arrêt des règles pendant 12 mois consécutifs. Il ne décrit pas la réalité biologique du phénomène", rectifie d'emblée le Dr Michel Mouly, gynécologue et chirurgien. Ce qui se joue, c'est "une transformation hormonale progressive, liée à la baisse puis à la déficience des œstrogènes". L'âge moyen de la ménopause en France est de 51 ans, mais "la transition hormonale débute le plus souvent entre 45 et 50 ans". Cette transition est appelée "préménopause" et commence donc doucement à la quarantaine à travers différents signes.
Pendant cette phase, "les ovaires fonctionnent encore, mais de façon irrégulière", explique notre interlocuteur. "Les œstrogènes deviennent imprévisibles." Cette instabilité peut durer 2 à 10 ans. "Le signe le plus typique reste la bouffée de chaleur. Elle se manifeste par une chaleur brutale, des rougeurs, sueurs, parfois palpitations" nous détaille le gynécologue. En sachant que "chez certaines femmes, le début peut être plus discret : troubles du sommeil, irritabilité inhabituelle, anxiété nouvelle, troubles de la concentration, brouillard cérébral". S'y ajoutent parfois fatigue, baisse du désir, douleurs articulaires, prise de poids abdominale ou sécheresse vaginale. Résultat : les femmes consultent pour du stress ou des insomnies sans soupçonner une cause hormonale, et la préménopause passe sous les radars.
Si votre mère a eu une ménopause précoce, "le risque est plus élevé"
La préménopause peut être mise en évidence par un bilan hormonal sanguin mais seulement quand elle est déjà avancée et que la ménopause est finalement très proche. "Les dosages hormonaux sont peu fiables en phase de fluctuation car les taux varient fortement" explique le Dr Mouly. Une prise de sang normale à 40 ou 45 ans ne permet donc pas d'exclure une préménopause. En plus des signes de préménopause, la femme peut aussi se fier à ses antécédents familiaux : si votre mère a eu une ménopause précoce, "le risque est plus élevé" d'entrer plus tôt en transition. D'autres facteurs accélèrent par ailleurs le processus : "Le tabac, une maigreur importante, certaines chirurgies ovariennes ou traitements médicaux".
La préménopause ne se limite pas aux symptômes ressentis. La déficience en œstrogènes agit en silence sur la masse osseuse (ostéopénie puis ostéoporose), le profil lipidique, le risque cardiovasculaire, la peau, les muqueuses (y compris buccales), les muscles et les tendons. "L'os peut se déminéraliser pendant des années sans symptôme", prévient le Dr Mouly. Des signes invisibles mais "essentiels" à repérer, c'est pourquoi il réalise une échographie pelvienne et prescrit un bilan biologique de référence (FSH plasmatique œstradiolémie (fonction des ovaires et équilibre hormonal), TSH (thyroïde), testostérone totale, bilan glucido-lipidique) vers 45-50 ans selon les symptômes des patientes et "systématiquement à 50 ans". Le médecin recommande également une densitométrie osseuse à cet âge-là.
Des solutions existent lorsque les symptômes de la préménopause altèrent la qualité de vie. "Le traitement hormonal, lorsqu'il est indiqué et individualisé, reste le plus efficace" sur les bouffées de chaleur, le sommeil et la santé osseuse, affirme le Dr Mouly. Les approches naturelles peuvent soulager certains symptômes légers, mais "ne corrigent pas la déficience hormonale ni ses effets profonds sur les organes". Le gynécologue insiste aussi sur les bases essentielles d'une bonne hygiène de vie pour mieux vivre cette étape : activité musculaire régulière, apport suffisant en protéines, bons lipides, limitation du sucre, arrêt du tabac, modération de l'alcool et gestion du stress. Plus vous agissez tôt, mieux vous traverserez cette période.