Plusieurs antiépileptiques responsables de malformations chez le bébé

Après la Dépakine®, cinq nouveaux traitements contre l'épilepsie pourraient causer des malformations et des troubles du développement chez le bébé à naître, alerte l'Agence du médicament. Médicaments concernés et conduite à tenir : on vous dit tout.

Plusieurs antiépileptiques responsables de malformations chez le bébé
© Olegdudko - 123RF

Les enfants exposés pendant la grossesse à certains antiépileptiques auraient plus de risques de présenter des malformations congénitales graves et des troubles neuro-développementaux, alerte l'Agence du médicament (ANSM) dans un nouveau communiqué publié le jeudi 25 avril 2019. Si les médicaments à base de valproate de sodium - Dépakote®, Dépakine®, Dépamide® et leurs génériques - sont déjà contre-indiqués aux femmes enceintes souffrant d'épilepsie et à celles en âge de procréer et sans contraception efficace depuis juillet 2017, cinq nouveaux traitements, commercialisés en France, le seraient également.

Risque de malformations : les médicaments concernés

Hormis le valproate qui est l'antiépileptique le plus dangereux, cinq autres substances présentent aujourd'hui un risque de malformation jusqu'à trois fois plus élevé par rapport à la fréquence observée dans la population générale :

  • le topiramate (Epitomax® et ses génériques)
  • le phénobarbital (Gardénal® et ses génériques)
  • la primidone (Mysoline® et ses génériques)
  • la carbamazépine (Tégrétol® et ses génériques)
  • la (fos) phénytoïne (Prodilantin® et ses génériques)

Par ailleurs, l'ANSM appelle à la vigilance quant à l'utilisation de la prégabaline (Lyrica® et génériques) compte-tenu de sa prescription importante en France et de son potentiel risque de malformation chez le futur bébé. En revanche, les données actuellement disponibles ne montrent pas de risques de malformations plus élevés pour les traitements à base de lamotrigine (Lamictal® et ses génériques) et de lévétiracétam (Keppra® et ses génériques).

© ANSM

Les femmes enceintes sous antiépileptiques doivent consulter sans attendre

Afin de proposer des mesures complémentaires de réduction des risques liés à l'exposition aux antiépileptiques in utero. l'ANSM a fait appel à un comité d'experts indépendants qui doit se réunir le 14 mai prochain. Dans l'attente de ces mesures, l'ANSM rappelle la conduite à tenir pour les femmes enceintes traitées par un antiépileptique ou celles en âge d'avoir des enfants :

  • Les femmes enceintes traitées par un antiépileptique doivent consulter sans attendre leur médecin. Ce dernier leur dira s'il faut modifier ou non le traitement.
  • Les femmes qui envisagent une grossesse doivent consulter leur médecin pour réévaluer leur traitement antiépileptique avant d'être enceinte.
  • Dans tous les cas, le traitement antiépileptique ne doit ni être arrêté ou modifié sans l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. 
  • Le traitement antiépileptique doit être réévalué par un professionnel de santé régulièrement, même en l'absence d'un projet de grossesse.
  • En cas de doutes, ne pas hésiter à contacter un médecin ou un pharmacien. 

→ En savoir plus sur le rapport "Antiépileptique au cours de la grossesse : état actuel des connaissances sur le risque de malformations et de troubles neuro-développentaux" sur le site de l'ANSM.

→ Signalez toute exposition à des antiépileptiques pendant la grossesse sur le portail de signalement : signalement-sante.gouv.fr

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