FIV : améliorer les résultats avec un test sanguin ?

Les chances de réussite d’une fécondation in vitro pourraient être augmentées. Comment ? En mesurant le taux d’ADN libre via un test sanguin. Explications.

FIV : améliorer les résultats avec un test sanguin ?
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Un test sanguin pour augmenter les chances de réussite des fécondations in vitro (FIV) ? Cela sera peut-être possible d’ici quelques années. Une équipe de chercheurs du CHU de Montpellier a en effet constaté que ce test permettrait d’évaluer la qualité des ovocytes de la mère, comme le révèle leur étude publiée dans la revue Plos One. Actuellement, en France, moins de deux FIV sur dix aboutissent à une grossesse. Cette technique consiste à féconder artificiellement un ovocyte qui a été prélevé chez une femme, avec un spermatozoïde et à replacer ensuite l’œuf fécondé dans l’utérus pour essayer de provoquer une grossesse. Cependant, plusieurs facteurs ont une influence sur la réussite d’une FIV, notamment la qualité des ovocytes. Le Pr Samir Hamamah qui a dirigé l’étude, affirme que "la qualité de l’ovocyte et de son microenvironnement affectent, en effet, les premiers instants du développement de l’embryon. Identifier de nouveaux biomarqueurs pour évaluer la qualité de ces ovocytes permettrait d’améliorer le choix d’embryons candidats au replacement dans l’utérus ou à la congélation en vue d’un replacement différé".

Un pronostic fiable dans 88% des cas. Un environnement folliculaire riche en ADN libres, ADN provenant de la destruction de cellules, serait peu favorable à une grossesse. C'est en tout cas ce qu'ont observé les scientifiques en mesurant chez 117 femmes en procédure de FIV, l’ADN libre qui se trouvait dans leur liquide folliculaire [fluide du follicule qui contient l’ovocyte, ndlr]. Il est en effet apparu que le niveau de cet ADN était plus élevé chez les femmes qui avaient des réserves ovariennes défectueuses. Cette découverte est d'ailleurs très encourageante puisque le pronostic semble fiable dans 88% des cas. Déjà utilisé comme marqueur de certaines maladies gynécologiques ou de cancers, les ADN libres pourraient donc dorénavant être utilisés pour augmenter le taux de succès des FIV.

Une technique qui a déjà fait ses preuves. L’équipe du Pr Hamamah utilise cette technique depuis 2011 chez les femmes qui rencontrent des échecs répétés de FIV. "Si le taux d’ADN libre circulant est trop élevé, nous déconseillons alors de commencer la tentative de la FIV. Mais ce marqueur variant selon les cycles, on peut décaler la tentative de 2 à 3 mois pour tenter d’obtenir des ovocytes de meilleure qualité." Le Professeur a ainsi constaté dans son service, que le taux de naissances issues de procréation médicalement assistée a doublé. Ce test pourrait être effectué lors du prélèvement des ovocytes pour sélectionner ceux avec le taux d’ADN libre le plus bas. Il pourrait même devenir un test sanguin puisque "les follicules sécrètent des substances qui passent dans la circulation sanguine". L’Inserm affirme que l’industrie pharmaceutique serait d’ores et déjà intéressée.