La fraise freine le déclin cognitif après 65 ans : voici combien en manger pour que ça marche

La fraise freine le déclin cognitif après 65 ans : voici combien en manger pour que ça marche

Les fraises sont de retour en avril ! Les chercheurs estiment que les intégrer à son menu quotidien permet de faire reculer l'horloge biologique du cerveau de 2 à 3 ans.

Le mois d'avril marque le retour tant attendu des fraises, l'un des fruits de printemps les moins caloriques et les plus vitaminés. Mais ce n'est pas tout : la fraise est aussi excellente pour le cerveau (tout comme le pissenlit que l'on trouve aussi dans les jardins). "La fraise n'est pas seulement une gourmandise de printemps, c'est un véritable concentré de protection pour nos neurones. Ses antioxydants agissent comme un "antirouille" naturel qui aide le cerveau à garder sa vivacité et à mieux résister aux effets du temps", confirme le Dr Jean-Marie Bourre, médecin en neurosciences dans son livre "La nouvelle diététique du cerveau" (éd. Odile Jacob). 

Dans une étude publiée dans la revue Nutrition, Metabolism & Cardiovascular Diseases, des chercheurs américains ont suivi un groupe d'hommes et de femmes âgés de 66 à 78 ans, tous en bonne santé, afin d'observer l'impact d'une consommation régulière de fraises sur leurs capacités cérébrales. Pendant l'expérience, la moitié des volontaires consommait des fraises chaque jour tandis que le reste du groupe recevait une poudre placebo.

Après deux mois de suivi, les participants ayant intégré la fraise à leur régime ont affiché une augmentation de 5,2 % de leur vitesse de traitement cognitif. En clair, leur cerveau traitait les informations plus rapidement, ce qui est le signe d'une meilleure plasticité neuronale. Les chercheurs considèrent souvent qu'une augmentation de cet ordre correspond à un "rajeunissement" cognitif de 2 à 3 ans.

La gariguette est la première à arriver sur les étals. © 123RF

Les chercheurs ont constaté des effets significatifs sur le cerveau avec une consommation quotidienne de 26 grammes de poudre de fraises lyophilisées. Nutritionnellement, ça équivaut à manger environ 15 fraises fraîches par jour, soit une centaine de fraises par semaine (3 grandes barquettes). Un chiffre qui peut paraître élevé, mais qui s'intègre facilement dans une alimentation équilibrée sur deux repas. Bien entendu, les fraises doivent être consommées sans sucre ni crème Chantilly. Ces ajouts provoqueraient des pics d'insuline et de l'inflammation, neutralisant ainsi les effets protecteurs des antioxydants du fruit. 

De la même manière que les myrtilles, l'effet protecteur vient principalement de la richesse des fraises en polyphénols (notamment les anthocyanines) et en vitamine C. D'une part, ces composés luttent contre le stress oxydatif et l'inflammation, deux facteurs majeurs du déclin cognitif lié à l'âge. D'autre part, ils sont capables de franchir la barrière hémato-encéphalique pour aller se loger dans les zones du cerveau liées à l'apprentissage et à la mémoire, comme l'hippocampe. Cela explique scientifiquement pourquoi la fraise est si bénéfique pour les fonctions cognitives.

En avril, les fraises qui offrent le plus de goût sont les variétés françaises précoces comme la Gariguette, célèbre pour son parfum acidulé, ou la Ciflorette, dont la douceur naturelle permet de se passer totalement de sucre. Fuyez les fraises trop rouges foncé qui viennent de loin (souvent d'Espagne) : elles sont sélectionnées pour résister au transport mais manquent cruellement de nutriments et de goût.