Je suis médecin : voici l'erreur numéro 1 des gens qui souffrent des intestins irritables

Le syndrome de l'intestin irritable (SII) touche environ 4 à 5 % des Français. Bien que bénigne, cette colopathie fonctionnelle a parfois un retentissement fort sur la qualité de vie du patient, surtout si vous faites cette erreur...

Je suis médecin : voici l'erreur numéro 1 des gens qui souffrent des intestins irritables
© JackF - stock.adobe.com

Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est difficilement gérable pour les patients : ce n'est pas une maladie, mais un trouble de la sensibilité dont la sévérité des symptômes est variable d'une personne à l'autre. Sans gravité, cette colopathie fonctionnelle génère des douleurs abdominales, des ballonnements et des troubles du transit intestinal. "Le syndrome de l'intestin irritable peut se déclencher à l'âge adulte, souvent après une infection virale comme une gastro-entérite ou un épisode grippal, explique le Pr Jean-Christophe Saurin, hépato-gastro-entérologue. Le lien avec le stress ou les difficultés de la vie est fort. Il existe en effet une composante psychologique favorisante : nous pouvons retrouver ce syndrome chez des personnes ayant vécu des traumatismes."

L’erreur, qui ne viendrait pas du patient lui-même, serait de diagnostiquer un syndrome de l’intestin irritable alors que ça n’en est pas un. “Le diagnostic médical passe avant tout par un diagnostic d’exclusion. Le médecin doit écarter la maladie cœliaque, qui présente les mêmes symptômes que le SII, la maladie de Crohn, les maladies inflammatoires ou métaboliques ainsi que les cancers digestifs, décrit le hépato-gastro-entérologue. Ces maladies ont des symptômes superposables avec le SII. Or, pour diagnostiquer un syndrome de l’intestin irritable, beaucoup d’examens sont parfois nécessaires si la présentation n’est pas typique.” Le syndrome de l'intestin irritable s'explique par l'augmentation de la sensibilité aux douleurs abdominales. Les meilleurs traitements sont donc ceux qui diminuent le seuil de sensibilité des patients, permettant de soulager les symptômes. "L'important, du côté médical, est de ne pas rater quelque chose de plus grave d'une part, et de ne pas minimiser la douleur des patients d'autre part."

Assiette typique d'un régime "sans gluten" © costmo - 123RF

Selon notre médecin spécialiste, la pire erreur pour les patients souffrant d’un SII est de suivre des régimes alimentaires à la mode comme par exemple le régime sans gluten (hors maladie cœliaque) ou le régime sans résidus (sans fibres). “Certaines personnes prétendent que des régimes alimentaires sans fibres et sans gluten font disparaître les douleurs abdominales. C’est parfois vrai en partie, mais malgré tout délétère au long cours, explique le Pr Saurin. Certains patients n'osent plus manger quand d’autres ne savent plus quoi mettre dans leur assiette. Ce sont des régimes d'exclusion qui n'ont pas leur place chez ces patients, car au long cours, les conséquences sont délétères pour la santé ; carences nutritionnelles, augmentation du risque cardiovasculaire, prise de poids... Ces régimes doivent autant que possible être évités.

Notre médecin recommande donc de faire attention aux aliments déclencheurs, sans pour autant être dans l’angoisse d’avoir mal, car la sensibilité à ces aliments est très variable d’une personne à une autre. En résumé, il faut limiter certains aliments, sans exclure des groupes alimentaires complets. “En cas de douleurs abdominales persistantes, il vaut mieux consulter un gastro-entérologue au moins une fois plutôt que des thérapeutes autoproclamés. Le syndrome des intestins irritables n’est pas une maladie grave ni dangereuse pour la santé. Si nous ne pouvons pas la guérir, nous pouvons améliorer le seuil de la douleur et par conséquent, les symptômes” rassure le médecin.

Merci au Professeur Jean-Christophe Saurin, hépato-gastro-entérologue. Propos recueillis en mars 2026.