Ce nouveau type de fatigue explose en mars : vous pouvez l'éviter dès maintenant si...

Des médecins ont mis en avant un syndrome de fatigue méconnu qui débarque aux beaux jours. Cette fatigue peut s'ancrer profondément dans le corps sauf si on suit cette règle...

Ce nouveau type de fatigue explose en mars : vous pouvez l'éviter dès maintenant si...
© Antonio Diaz - 123RF

Vous sentez-vous "vidé" sans raison apparente ? Mars est souvent le mois de la rupture. Entre le changement de saison, la gestion de la fin du premier trimestre et l'accumulation des micro-décisions quotidiennes, le cerveau sature. Ce n'est pas qu'une impression : à cette période de l'année, nos réserves de vitamines sont au plus bas et le changement d'heure qui arrive (dernier weekend de mars) agit comme un bouleversement sur notre horloge biologique. Résultat ? Des études estiment que cette charge mentale accumulée peut amputer notre niveau d'énergie global de 20 % en moyenne, ce qui rend n'importe quelle tâche la plus simple soudainement insurmontable.

Ce phénomène porte un nom scientifique : la fatigue décisionnelle. Mis en lumière en 2011 par le psychologue social Roy F. Baumeister, ce concept repose sur l'idée que notre volonté est une ressource limitée, une sorte de "muscle" qui s'épuise à force d'être sollicité. Chacun de nos choix, du plus basique (que manger ce soir ?) au plus complexe (choisir sa destination de vacances, demander une mutation...), consomme ce qu'on appelle du glucose mental, autrement dit le carburant du cerveau.

"Le cerveau traite environ 35 000 décisions par jour. Arrivé au printemps, si le stress n'a pas été régulé depuis janvier, cette accumulation de "choix" devient douloureux, menant à l'évitement ou à l'irritabilité", explique la psychiatre Aurélia Schneider, spécialiste en thérapie comportementale et cognitive, dans son livre "La Charge mentale des femmes (et celle des hommes aussi !)". L'évitement est une stratégie de survie du cerveau : comme chaque décision coûte du "glucose mental", le cerveau sature et décide de ne plus rien décider du tout pour économiser l'énergie restante. L'irritabilité fait s'effondrer la patience : quand votre "réservoir" est vide, vous n'avez plus l'énergie nécessaire pour filtrer vos réactions. Une simple question de votre conjoint ou d'un collègue ("On mange quoi ce soir ?" ou "Tu as fini ce dossier ?") est perçue comme une agression ou une charge insurmontable.

Mars vide les batteries de 20% © Droits réservés - Journal des Femmes Santé

Elle précise d'ailleurs que cette fatigue est d'autant plus sournoise qu'elle nous oblige à "coexister dans deux mondes à la fois" : celui de l'action présente et celui de l'anticipation permanente. Il faut également comprendre que si cette fatigue est initialement mentale, elle finit par s'ancrer profondément dans le corps. En saturant notre cortex préfrontal, elle déclenche un stress chronique qui se traduit physiquement par des tensions musculaires, un sommeil haché et une sensation d'épuisement réel, comme si nous avions fourni un effort sportif intense sans avoir bougé. Pour ne pas laisser ce mois de mars vider vos batteries, il est indispensable de mettre en place des stratégies de préservation dès maintenant.

La clé pour limiter la fatigue décisionnelle est l'automatisation. Cela passe en premier lieu par réduire ses choix dès le matin. Concrètement, préparez vos vêtements et vos repas la veille pour ne pas gaspiller votre quota d'énergie dès le réveil. Appliquez également la règle des 2 minutes : si une décision peut être prise immédiatement (répondre à un mail court, ranger un dossier), faites-le car cela libère de l'espace dans votre mémoire de travail. Enfin, sanctuarisez vos matinées et traitez vos dossiers les plus complexes avant 11h, car après le déjeuner, votre capacité à trancher diminue drastiquement. En limitant ces micro-frictions, vous protégez votre capital énergie pour ce qui compte vraiment.