Ni régime, ni sport : pour vieillir moins vite après 50 ans, la solution est bien plus simple selon des chercheurs
Et si bien vieillir ne dépendait pas tant des efforts intenses ou des régimes restrictifs ? Une nouvelle étude met en avant un facteur souvent sous-estimé, surtout chez les femmes, qui joue pourtant un rôle clé dans la vitesse du vieillissement biologique.
Vieillir c'est naturel mais pas toujours bien vécu. Les rides apparaissent, le corps est moins tonique, la fatigue est plus présente... Mais la bonne nouvelle c'est qu'il est possible de ralentir cette horloge biologique. Déjà, en surveillant son alimentation, en bougeant quotidiennement et en soignant son sommeil. Mais plus que tout cela, un autre facteur compte par dessus tout, selon une nouvelle étude américaine. Pour les chercheurs, c'est même la première chose à faire (notamment chez les femmes) pour ralentir les effets du temps qui passe.
Ces chercheurs de l'Université de New York ont analysé les données de 726 femmes, âgées en moyenne de 50 ans. Celles-ci ont répondu à un questionnaire psychologique portant sur trois types d'inquiétudes à l'idée de vieillir : la peur de perdre en attractivité, la crainte de voir sa santé se dégrader et le fait d'avancer dans l'âge sur le plan reproductif (ménopause et conséquences). En parallèle, des prélèvements sanguins ont permis de mesurer leur âge biologique, en évaluant le rythme auquel leur organisme vieillit et les dommages accumulés au fil du temps.
Le résultat ? C'est la peur de vieillir… qui fait vieillir plus vite. "L'anxiété liée au vieillissement n'est pas qu'une simple préoccupation psychologique, elle peut laisser une empreinte sur le corps avec de réelles conséquences pour la santé", résume Mariana Rodrigues, première auteure de l'étude. Les femmes les plus anxieuses face au passage du temps présentaient des signes d'un vieillissement biologique accéléré. Et c'est plus précisément la peur de voir sa santé décliner, de développer des maladies, de perdre en mobilité ou de devenir dépendante qui montrait le lien le plus fort avec cette accélération. Autrement dit, plus on redoute le déclin, plus on le précipite, d'autant que 60 % des participantes cumulaient déjà au moins deux maladies chroniques. Les inquiétudes liées à l'apparence physique ou à la fertilité, elles, n'avaient pas d'impact significatif sur le vieillissement du corps.

Les préoccupations liées à la santé sont plus tenaces et génèrent un stress chronique qui finit par s'inscrire dans le corps. "Les expériences subjectives du vieillissement peuvent s'ancrer biologiquement par le biais de modifications épigénétiques mesurables", expliquent les auteurs dans la revue "Psychoneuroendocrinology" Les femmes seraient particulièrement exposées à cette anxiété, entre pressions sociales autour de la jeunesse et rôle d'aidante auprès de proches vieillissants. "Les femmes à la mi-vie jonglent souvent entre plusieurs rôles, notamment celui de s'occuper de leurs parents vieillissants. En voyant leurs proches tomber malades, elles peuvent se demander si la même chose leur arrivera", précise Mariana Rodrigues. La bonne nouvelle ? Pour vieillir moins vite, il faut donc travailler sur sa peur du vieillissement.
Concrètement, la recommandation des chercheurs est simple : ne pas laisser cette peur s'installer. Prendre soin de sa santé mentale au même titre que de sa santé physique, s'accorder ce qui fait du bien, et surtout ne pas rester seule face à ces angoisses. Si la peur de vieillir commence à prendre trop de place, consulter un ou une professionnelle peut aider à s'en libérer.