Fini les nuits coupées : voici l'heure à laquelle il faut arrêter de boire le soir pour dormir d'une traite

Se lever la nuit pour faire pipi est l'un des principaux freins à un sommeil réparateur. Voici l'heure limite conseillée par le Dr Adrien Dereix pour cesser de boire et retrouver des nuits complètes.

Fini les nuits coupées : voici l'heure à laquelle il faut arrêter de boire le soir pour dormir d'une traite
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Fatigue au réveil, difficulté à se rendormir, irritabilité ou somnolence dans la journée sont les signes d'un sommeil non réparateur. En cause très souvent, le fait de se lever une ou plusieurs fois par nuit pour aller aux toilettes. Ce phénomène appelé "nycturie" touche une grande partie des adultes. "On considère que la nycturie devient réellement problématique à partir de deux levers par nuit, mais ce qui compte surtout, c'est le retentissement sur la qualité de vie" précise d'emblée le Dr Adrien Dereix, médecin généraliste et directeur médical du Centre Médical Elsan. Ce que l’on boit et surtout quand on le boit reste un levier majeur pour mieux dormir.

Avec l'âge, le corps change et le nombre de réveils nocturnes augmente. La vessie devient moins souple, sa capacité diminue, et certaines hormones jouent moins bien leur rôle. "La sécrétion de l'hormone antidiurétique baisse, ce qui entraîne une production plus importante d'urine pendant la nuit", précise le médecin. Passé 70 ans, près de 80% des personnes se lèveraient au moins une fois par nuit. D'autres facteurs peuvent intervenir. Chez l'homme, une augmentation du volume de la prostate peut gêner la vidange complète de la vessie. Chez la femme, la ménopause, la grossesse ou un affaiblissement du plancher pelvien favorisent ces réveils nocturnes. Certaines maladies, comme l'insuffisance cardiaque, peuvent aussi entraîner une rétention d'eau dans la journée, qui se mobilise une fois allongé.

Certaines boissons favorisent clairement ces réveils. Café et thé sont à la fois diurétiques et irritants pour la vessie, surtout lorsqu'ils sont consommés tard. L'alcool, en perturbant certains mécanismes hormonaux, augmente aussi la production d'urine. Les sodas, boissons sucrées ou gazeuses peuvent irriter la paroi de la vessie. "Même les tisanes, souvent perçues comme inoffensives, peuvent poser problème si elles sont prises tardivement et en grande quantité " alerte le médecin.

Femme qui dort
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La première chose à avoir en tête est de bien répartir les apports hydriques sur la journée. On ne se met pas à boire le soir l'eau qu'on n'a pas bu en journée. "L'idéal est de boire environ 1,5 litre d'eau par jour, dont près de 80 % avant 18 heures." A quelle heure arrêter de boire ? "Chez un adulte sans problème de santé particulier, on conseille de limiter fortement les boissons deux à trois heures avant le coucher puis de boire uniquement en cas de vraie soif" répond le médecin. Donc si vous vous couchez à 22 heures, il faudrait quasiment ne plus boire à partir de 20 heures. Et ne garder qu'un verre d'eau sous le coude en cas de soif réelle.

Se lever la nuit n'est pas toujours directement lié à l'urine. Chez les personnes au sommeil léger ou anxieux, ce sont parfois les micro-réveils qui déclenchent l'envie d'aller aux toilettes. "Ce n'est pas forcément l'envie d'uriner qui réveille, mais le réveil qui fait prendre conscience de la vessie", souligne le Dr Adrien Dereix. Le passage aux toilettes devient alors un réflexe, qui complique le rendormissement et entretient la fatigue. Dans ces situations, l'hygiène de sommeil compte autant que l'hydratation : horaires réguliers, limitation des écrans le soir, gestion du stress. Si des réveils nocturnes persistent, s'aggravent ou s'accompagnent d'une fatigue durable, il est recommandé d'en parler à son médecin afin de rechercher une cause et d'adapter la prise en charge.