Epidémie de méningite foudroyante : c'est quoi, des risques en France ?

Une épidémie de méningite "sans précédent" frappe actuellement le sud-est de l'Angleterre. Deux personnes sont décédées. Après le signalement d'un premier cas importé en France, la surveillance est renforcée dans le pays.

Epidémie de méningite foudroyante : c'est quoi, des risques en France ?
© Etudiants de l'Université du Kent à Canterbury, Angleterre, Mercredi 18 mars 2026. Gareth Fuller/AP/SIPA (publiée le 19/03/2026)

L'Angleterre subit en ce moment une vague de méningite inédite et plus grave que toutes celles enregistrées jusqu'à présent. L'épicentre de l'épidémie se situe à Canterbury, dans le comté de Kent (sud-est du pays). Le foyer de contamination initial a été identifié lors de soirées étudiantes ayant eu lieu entre le 5 et le 7 mars dans une boîte de nuit locale, le Club Chemistry. A date, environ 20 cas de méningite (9 confirmés et 11 probables) ont été recensés et 2 jeunes adultes (un étudiant de 21 ans et une lycéenne de 18 ans) sont décédés. Les analyses ont confirmé qu'il s'agit de méningites à méningocoque de groupe B (nom scientifique : Neisseria meningitidis de sérogroupe B).

Le méningocoque B est une bactérie qui vit naturellement dans la gorge et le nez de beaucoup de personnes (les "porteurs sains") sans les rendre malades. Pour une raison que l'on ne maîtrise pas toujours (fatigue, irritation de la gorge, système immunitaire affaibli), la bactérie décide de traverser la paroi de la gorge pour passer dans le sang. Elle peut alors infecter les méninges et provoquer des méningites ou des septicémie pouvant entraîner la mort. La maladie, contagieuse, évolue très rapidement (parfois en quelques heures) et peut être confondue au début avec une grippe. Les signes d'alerte sont une forte fièvre, des frissons, des maux de tête intenses, une raideur de la nuque, une sensibilité à la lumière et des vomissements. Parfois, des taches rouges ou violettes sur la peau (purpura) peuvent survenir. 

La transmission se fait uniquement par les gouttelettes de salive (postillons, baisers, partage de verres) lors de contacts rapprochés et prolongés. Elle ne survit pas à l'air libre sur des objets comme des poignées de porte. En France, une personne revenant d'Angleterre a été hospitalisée en France récemment. Elle présentait les symptômes après avoir été en contact avec le foyer de Canterbury. Pour l'instant, il s'agit d'un "cas importé" et il n'y a pas de circulation active de cette souche spécifique au sein de la population française. Les autorités sanitaires se veulent rassurantes quant au risque d'une épidémie à grande échelle sur le territoire français : Santé publique France a placé le réseau de surveillance en état d'alerte pour identifier immédiatement tout nouveau cas suspect, particulièrement chez les étudiants ayant voyagé dans le Kent début mars.

Une épidémie de méningite sans précédent frappe actuellement l'Angleterre. © Droits réservés / Journal des Femmes

Pour info, la méningite B touche environ 300 personnes en France chaque année et une trentaine de personnes en décèdent. La majorité des cas concernent des patients âgés de 15 à 24 ans. Au-delà des décès, environ 20 % des survivants gardent des séquelles graves et permanentes (amputations dues au purpura fulminans, surdité, ou troubles neurologiques). Si vous revenez du sud-est de l'Angleterre (région de Canterbury) et que vous ressentez une forte fièvre associée à un mal de tête violent ou une raideur de la nuque, n'allez pas aux urgences par vos propres moyens : appelez le 15 pour éviter de contaminer d'autres personnes durant le trajet. Dès que le diagnostic est évoqué, il faut prendre en charge le patient en urgence (administration d'un antibiotique).

La vaccination contre le méningocoque B (comme le vaccin Bexsero ou Trumenba) est le moyen le plus efficace de s'en protéger. En France, ce vaccin est obligatoire pour tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2025 (avec un rattrapage fortement recommandé et remboursé pour les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans). Avant, il était simplement proposé.

En Angleterre, le vaccin est proposé gratuitement à tous les nourrissons depuis 2015. Il est "fortement recommandé" et très largement accepté par les parents, mais la loi britannique n'impose pas de vaccins pour aller à l'école. Suite à l'épidémie de mars 2026 dans le Kent, le gouvernement britannique a lancé en urgence un programme de vaccination ciblée pour 5 000 étudiants de l'Université de Kent, tout en demandant à ses experts de réévaluer l'élargissement de cette vaccination à tous les jeunes du pays.