Ces 2 signes la nuit peuvent révéler un début de démence : il faut consulter
La démence est un ensemble de symptômes liés au déclin progressif du cerveau avec l'âge. Si certains signes comme les pertes de mémoire sont connus, d'autres sont plus subtils, surviennent la nuit. Apprendre à les identifier est crucial pour une prise en charge précoce.
En France, plus d'un million de personnes seraient atteintes de démence. La forme la plus fréquente est la maladie d'Alzheimer (environ 80 % des cas). Elle touche très majoritairement les personnes de plus de 65 ans et un peu plus les femmes, principalement parce qu'elles vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. La démence ne doit pas être vue comme une fatalité due à l'âge, mais comme la conséquence de "pannes" mécaniques et chimiques dans le cerveau. La cause est souvent dégénérative : le cerveau n'arrive plus à éliminer certaines protéines qui s'accumulent, forment des plaques et finissent par "étouffer" les neurones, empêchant l'information de circuler. La cause peut également être vasculaire : les petits vaisseaux sanguins sont bouchés ou endommagés (à cause de l'hypertension, du cholestérol ou de mini-AVC passés inaperçus) et empêchent l'irrigation de certaines zones du cerveau qui finissent par mourir.
Déceler les premiers signes de la démence est difficile, aussi bien pour les patients, les familles que les médecins. Les symptômes sont extrêmement larges et variés, changeant d'une personne à l'autre selon la zone du cerveau touchée. Au début, il peut s'agir de simples changements de personnalité, d'une perte de motivation ou de difficultés à trouver ses mots. Cette subtilité conduit souvent l'entourage à mettre ces changements sur le compte de la fatigue ou du stress, ce qui retarde le diagnostic alors que le cerveau subit déjà des transformations irréversibles.
Parmi les signaux d'alerte identifiés par les experts, notamment ceux de la société Alzheimer, deux symptômes nocturnes doivent particulièrement attirer l'attention lorsqu'ils deviennent fréquents. Le premier, c'est l'errance nocturne. "La personne se lève et déambule dans la maison, parfois de manière répétée. Elle peut sembler chercher quelqu'un ou quelque chose, ou même tenter de quitter le domicile. Cette agitation est souvent le signe d'une désorientation spatio-temporelle", explique l'association. Le second est l'inversion du rythme jour-nuit. "L'horloge biologique interne se dérègle. La personne a de grandes difficultés à s'endormir ou se réveille au milieu de la nuit sans pouvoir se rendormir. En compensation, elle a tendance à dormir de plus en plus durant la journée, ce qui aggrave le cycle de confusion nocturne".
Si vous constatez ces comportements chez un proche, il faut l'inviter à consulter un médecin généraliste qui pourra effectuer des tests cognitifs simples et éliminer d'autres causes réversibles (carence en vitamines, infection urinaire, effets secondaires de médicaments). En complément d'un rendez-vous médical, quelques ajustements peuvent aider. Instaurer une routine quotidienne, notamment au moment du coucher, resynchronise l'horloge biologique. Par exemple, boire une boisson chaude sans caféine, aller aux toilettes, se changer, se laver et se brosser les dents, se coucher et écouter de la musique douce ou son émission de radio préférée. De manière générale, une routine est rassurante et aide la personne à se repérer dans le temps.
Sortir en journée, idéalement le matin, peut aider à réguler l'horloge biologique. La personne aura plus tendance à avoir sommeil le soir. En fin de soirée, tamiser la lumière peut favoriser l'endormissement (sauf si elle a sommeil trop tôt). Enfin, mieux vaut éviter la caféine, les cigarettes et l'alcool qui sont des stimulants qui perturbent le sommeil.
