Don de rein de son vivant : "on est tous des donneurs potentiels"

Du 15 au 28 octobre 2018, l'Agence de la biomédecine lance une campagne nationale de sensibilisation au don de rein de son vivant. L'objectif ? Rappeler au grand public et particulièrement à l'entourage du patient qui en a besoin, l'importance de la greffe.

Don de rein de son vivant : "on est tous des donneurs potentiels"
© Dolgachov - 123RF

"Lorsqu'elle est possible, la greffe de rein est le meilleur traitement de l'insuffisance rénale chronique terminale et permet de restituer toutes les fonctions rénales du patient", précise l'Agence de biomédecine dans un communiqué. Si cette option thérapeutique, à partir du donneur vivant, est de plus en plus pratiquée, elle reste encore trop peu répandue. C'est pourquoi, comme tous les ans, l'Agence de la biomédecine lance, du 15 au 28 octobre 2018, une campagne nationale de sensibilisation au don de rein de son vivant en collaboration avec les professionnels de santé et les associations.

Le but de la campagne ? Sensibiliser le grand public, et en particulier l'entourage des patients qui en ont besoin, sur l'importance de la greffe rénale et leur rappeler que toutes les sources de greffons sont importantes pour les patients et ce, qu'ils proviennent d'un don du vivant ou d'un don post-mortem. A partir du 15 et jusqu'au 28 octobre 2018, des messages d'appel à la mobilisation sont diffusés sur plusieurs radios régionales et locales et des brochures pédagogiques sont mises à disposition des patients, de leur entourage ainsi que des professionnels de santé. Enfin, un mini-documentaire en deux parties, relatant l'histoire de deux frères (Gil a donné son rein à Sylvain, son frère, il y a un an) et abordant des questions concrètes et concertantes, est relayé sur Facebook, YouTube et sur dondorganes.fr. Voir le teaser du documentaire réalisé par Ioanis Nuguet ci-dessous : 

La greffe rénale, "efficace pour le patient, fiable pour le donneur"

"La greffe rénale est de mieux en mieux maîtrisée et ses résultats ne cessent de s'améliorer", se réjouit l'Agence de biomédecine. En effet, elle permet aux patients qui en bénéficient et à leur entourage d'améliorer leur qualité de vie, ainsi que leur espérance de vie. Toutefois, il ne s'agit pas d'un acte médicale de routine, mais d'une pratique médicalement complexe impliquant un nombre important de professionnels de santé. Ces professionnels ont pour mission d'informer le patient sur les différents traitements (dialyse et greffe de rein) et notamment la possibilité de réaliser un don du vivant par son entourage. Ce qui permet éventuellement de réaliser une greffe rénale juste avant le stade d'insuffisance rénale terminale, avant même que la dialyse ne débute. En somme, elle permet de raccourcir la période de dialyse, voire de totalement la supprimer. 

© Agence de la biomédecine

Qui peut donner un rein à qui ?

La loi de bioéthique encadre les conditions des greffes à partir des donneurs vivants. Elle rappelle également que le don d'organes est gratuit et librement consenti, quel que soit le lien entre le donneur et le receveur. Toute forme de pression psychologique ou financière est strictement interdite. Qui peut donner ?

  • Toutes les personnes majeures et responsables peuvent être potentiellement prélevées. Cela signifie "qu'aucune personne n'est écartée d'emblée en tant que candidat potentiel au don d'un rein à son proche malade", précise la législation.
  • Le donneur peut être le père, la mère, le conjoint, le frère, la sœur, le fils, la fille, un grand-parent, un oncle ou une tante, un cousin germain, l'un des beaux-parents ou toute autre personne prouvant une vie commune ou un lien affectif étroit d'au-moins deux ans avec le receveur. Un bilan médical complet est ensuite réalisé pour s'assurer de la compatibilité et de l'absence de risques pour le donneur et le receveur. "La recherche de la meilleure compatibilité possible entre un donneur et un receveur de rein est une règle fondamentale de la sélection des donneurs vivants potentiels", précise l'Agence de la biomédecine. 
© Agence de la biomédecine

Une deuxième campagne sur le don d'organes et la greffe

Du 15 au 30 novembre 2018, une deuxième campagne axée cette fois sur le don d'organe post-mortem, menée par l'Agence de la biomédecine sera déployée sur tout le territoire français. Si en 2017, plus de 6 100 greffes d'organes ont été réalisées en France, "on a constaté en 2018, pour la première fois depuis de nombreuses années, une baisse sensible du prélèvement, dans certaines régions, alors même qu'il n'existe pas d'augmentation du taux de refus", s'inquiète le Pr Olivier Bastien, Directeur prélèvement et greffe d'organes et de tissus à l'Agence de la biomédecine. A travers cette campagne, chacun est ainsi invité à se mobiliser pour relancer un nouvel élan de solidarité. A cette occasion, un spot TV sera diffusé sur les chaînes de télévision nationales, ainsi que sur YouTube et Facebook. Il aura pour but de rappeler l'importance du don et de faire prendre conscience au grand public que chaque personne est un donneur d'organes et de tissus potentiel. Le site dondorganes.fr permettra de répondre aux questions que l'on se pose sur le don, le prélèvement et la greffe (qui peut donner un rein à qui ? Le donneur et le receveur doivent-il être compatibles ? Que dit la loi ?...). 

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