Avec l'âge, le cerveau change. Certaines régions communiquent moins bien entre elles, ce qui peut compliquer la mémorisation, la concentration ou la prise de décision. Mais ces changements ne sont pas forcément irréversibles. Une activité physique régulière pourrait aider certaines parties du cerveau à fonctionner davantage comme celles de personnes plus jeunes, suggère une étude américaine publiée dans la revue scientifique Frontiers in Aging Neuroscience. 

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont étudié des personnes âgées de 55 à 80 ans, avec une moyenne d'âge d'environ 66 ans. Toutes étaient initialement très peu actives physiquement. Les participants ont été répartis en deux groupes : le premier suivait un programme de marche, trois fois par semaine pendant un an, avec des séances passant progressivement de 10 à 40 minutes (on les appellera le groupe "marche"), tandis que le second pratiquait des exercices d'étirement, de renforcement musculaire et d'équilibre (groupe témoin). Les scientifiques ont également examiné les cerveaux de 32 adultes plus jeunes, âgés de 18 à 35 ans, pour comparer la façon dont les différentes régions cérébrales communiquaient entre elles. Des IRM ont été réalisées au début de l'expérience, après six mois, puis après un an.

Qu'ont vu les chercheurs ? "Un an de marche a augmenté la connectivité fonctionnelle entre différentes régions des cortex frontal, postérieur et temporal, deux réseaux cérébraux essentiels au dysfonctionnement cérébral lié au vieillissement" expliquent-ils. Le groupe des marcheurs présentaient une meilleure communication entre les régions du cerveau responsables des fonctions d'organisation au quotidien, de prise de décision et des capacités d'adaptation à une situation nouvelle. Plus surprenant, certaines régions du cerveau communiquaient davantage comme chez des personnes plus jeunes. En revanche, les personnes qui marchaient n'ont pas obtenu de résultats meilleurs aux tests intellectuels que celles de l'autre groupe.

Ces observations rejoignent celles d'une autre étude publiée dans la revue scientifique PNAS. Cette fois, 120 adultes âgés de 55 à 80 ans ont participé à un programme d'exercice pendant un an. Chez ceux qui pratiquaient la marche, trois fois par semaine, le volume de l'hippocampe, une région du cerveau essentielle à la mémoire, a augmenté d'environ 2 %, alors qu'il diminuait dans le groupe témoin. Les résultats de ces deux études ne signifient pas que la marche permet de retrouver le cerveau de ses 20 ans, ni qu'elle empêche de développer la maladie d'Alzheimer. Ils montrent en revanche que même après 60 ou 70 ans, le cerveau conserve une capacité à se modifier en réponse à l'activité physique.