Accords toltèques : définition, origine, liste des principes

Plus qu'une philosophie, les accords toltèques sont des principes qui invitent à nous libérer. Il en existe quatre initialement mais un cinquième a été ajouté. Quels sont ces accords et comment les appliquer au quotidien ? Partons à leur découverte en compagnie de Christine Magat, psychologue du travail et hypnothérapeute.

Accords toltèques : définition, origine, liste des principes
© patrickdaxenbichler

Définition et origine : c'est quoi les accords toltèques ? 

Les accords toltèques sont des principes posés par le chamane mexicain Don Miguel Ruiz. "Cet homme, autrefois chirurgien, a connu une expérience de mort imminente. A son " retour ", il a partagé avec le monde la sagesse ainsi que la connaissance de toute une lignée d'hommes et de femmes médecins qu'on appelle les Nagual" explique Christine Magat, psychologue et hypnothérapeute. Ces principes simples sont des règles de vie visant à nous exempter de croyances adoptées dès l'enfance. "Nous sommes des êtres vivants dans un environnement social (familial, amical, communautaire, national, culturel...). Très tôt, nous sommes domestiqués et nous allons donner notre accord à tout un tas de pensées et de croyances" détaille la psychologue. "Nous allons, par exemple, apprendre ce qu'il est bon de rêver et de fantasmer ou pas. Ces croyances – parfois inconscientes - peuvent être à l'origine de nos souffrances" poursuit la spécialiste avant d'ajouter "Les cinq accords toltèques proposent de nous libérer de cette toile et d'être nous-même". Ils ont une résonance assez puissante afin de nous aider à nous affranchir de tous les accords précédemment contractés. 

Quels sont les 4 accords toltèques ? 

► Le premier accord est "Que votre parole soit impeccable". L'idée est d'être conscient que notre parole à une puissance extraordinaire. "Olivier Clerc – le traducteur des livres de Don Miguel Ruiz en français- fait une analogie entre les accords toltèques et la chevalerie. Il considère que la parole est comme une épée" indique la psychologue. Avec notre parole, nous pouvons ainsi bien faire du mal ou du bien. "Il y a des phrases qui blessent et qui restent en nous ou au contraire des phrases d'un enseignant ou d'un professeur, par exemple, qui nous ont galvanisé, influencé et inspiré au point d'avoir un impact sur notre parcours" pointe Christine Magat. Cet accord pousse à prendre conscience de la puissance de nos mots et à être attentif à la façon de les utiliser. "La parole est un outil que nous utilisons dans le contact avec l'autre mais aussi pour notre dialogue intérieur. Il est important de le garder à l'esprit lorsqu'on communique avec les gens ou avec soi-même".  

► Le deuxième accord est "Quoi qu'il arrive n'en faites pas une affaire personnelle". Il s'agit d'une disposition d'esprit qui permet de nous protéger et d'être en sécurité en ne faisant pas une affaire personnelle d'une critique. "Si la parole c'est l'épée, ''n'en faites pas une affaire personnelle'' est le bouclier" détaille la professionnelle. "Quand quelqu'un me parle  - même s'il prononce mon prénom – que ce soit pour me critiquer et me dévaloriser ou pour me dire que je suis géniale, dans les deux cas, il ne parle que de son monde" note la psychologue. "Si je fais une affaire personnelle du commentaire d'un ami ou d'un collègue, c'est qu'il y a des perforations dans mon bouclier". Ce deuxième accord propose de développer une certaine immunité au poison émotionnel que certaines personnes peuvent répandre. "Face à ce genre de personnes, il est important de tenir fermement son bouclier". 

► Le troisième accord est "Ne faites pas de supposition" car cela peut être à l'origine de souffrances. "Notre cerveau est une machine à suppositions. Si j'appelle une personne et qu'elle ne répond pas, c'est un fait mais il est difficile de le laisser tel quel. Je vais tout de suite imaginer qu'elle ne répond pas parce qu'elle n'a pas envie de me parler. Et je vais m'arrêter à cette supposition qui va probablement me rendre triste" souligne Christine Magat. Cette supposition est le reflet de notre façon de penser et de notre histoire. Il ne s'agit pas de la réalité.

Notre cerveau est une machine à suppositions

► Le quatrième accord, "Faites toujours de votre mieux", propose de poser un regard bienveillant sur soi en composant avec l'énergie du moment et son environnement. "Il s'agit d'un accord qui préserve de l'épuisement - notamment parental et professionnel- mais aussi de la procrastination pour être dans un juste équilibre. Tant que je fais de mon mieux, c'est OK" conseille l'hypnothérapeute.

► En 2010 avec son fils Don José Ruiz, Don Miguel Ruiz a ajouté un cinquième accord à la liste : "Soyez sceptiques, mais apprenez à écouter". Cet accord préconise de prendre les informations et d'écouter tout en conservant nos filtres. "Nos différences et nos divergences sont une nourriture extraordinaire. Il est donc important de cultiver cette ouverture. Il faut néanmoins cultiver le doute. Quoiqu'on nous dise, que cela vienne d'un professeur ou de tout autre personne ayant une position d'autorité. Nous ne sommes pas des oisillons avec le bec ouvert qui attendent de boire des paroles !". 

Quels sont les bienfaits des accords toltèques ? 

Les accords toltèques invitent à observer une hygiène de vie et à faire le ménage dans notre façon de penser. "Ils nous aident à développer de l'écologie interne (dans notre monde intérieur) et dans nos relations. Ils libèrent la communication de biais émotionnels qui pourraient l'encrasser" détaille Christine Magat. La pratique des accords toltèques est donc bénéfique dans le cadre familial, personnel ou professionnel car ils harmonisent les contacts sociaux. "Cela permet de se libérer d'émotions polluantes pour soi et pour son rapport aux autres". 

Comment appliquer les accords toltèques au quotidien ?

Avant toute chose, il est important de les connaître et de les comprendre. Il existe aussi des exercices qui permettent de les pratiquer. Pour expérimenter l'accord "Ne faites pas de suppositions", par exemple, la psychologue conseille d'identifier dans un premier temps le moment où nous faisons des suppositions. "Par exemple, lorsque nous pensons ''Il n'a pas dit bonjour, c'est qu'il me fait la gueule'', la supposition va probablement générer des sentiments qui vont s'inviter à l'avenir dans cette relation alors qu'il ne s'agit que de supposition " indique la professionnelle. "L'idée est de vider immédiatement cette supposition de son énergie en faisant tout de suite une deuxième supposition telle que ''Il ne m'a pas dit bonjour. Peut-être que c'est parce qu'il ne m'a pas vue'' ". Pour elle, "cela recadre". "Si je reste sur ma première supposition, je vais l'épouser telle une réalité et multiplier les suppositions". 

Merci à Christine Magat, psychologue du travail et hypnothérapeute.

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