Coronavirus et animaux : pas de risques mais des précautions à suivre

Chien, chat, lapin... Les animaux domestiques (et sauvages) ne participeraient pas à la transmission du coronavirus Sars-CoV-2 à l'homme, selon les dernières conclusions de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses). Ce qui n'empêche pas de suivre quelques recommandations.

Coronavirus et animaux : pas de risques mais des précautions à suivre
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[Mise à jour le vendredi 20 novembre à 15h56] "A ce jour les animaux domestiques et les animaux sauvages ne jouent aucun rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 en France, où la diffusion du virus est aujourd'hui le résultat d'une transmission interhumaine par voie respiratoire." déclare l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses) dans ses conclusions du 19 novembre, version actualisée de son communiqué d'avril 2020. Cela ne veut pas dire que les animaux domestiques ne sont pas "réceptifs" au virus. Ils peuvent l'héberger sans forcément développer des symptômes. Depuis le début de l'épidémie en décembre 2019, cinq cas de chats porteurs du Covid-19 ont été détectés : un à Hong Kong, un en Belgique, deux à New York et un en France. La question du risque de transmission du coronavirus Sars-CoV-2 entre l'homme et l'animal (domestique surtout) s'était alors posée. 

Quels risques de transmission ?

Dans son communiqué du 19 novembre, l'Anses confirme que les animaux domestiques ne sont pas des vecteurs de transmission du coronavirus Sars-CoV-2 à l'homme. Leurs experts indiquent que :

  • Les chiens sont réceptifs au SARS-CoV-2, c'est-à-dire qu'ils peuvent héberger la Covid-19 sans avoir de symptômes, leur sensibilité (capacité exprimer des signes clinques ou des lésions dues au virus) reste néanmoins à confirmer. "Très peu de chiens ont développé des signes cliniques en condition naturelle au regard des niveaux d'exposition au virus pourtant très élevés (des milliers de personnes infectés par la COVID-19 ont été en contact étroit avec leur chien). Par ailleurs, les essais réalisés sur des chiens contacts n'ont pas permis de démontrer une transmission du virus entre eux. Enfin, il n'existe pas, à l'heure actuelle, de données scientifiques mettant en évidence une transmission du SARS-CoV-2 depuis le chien vers une autre espèce."
  • Les lapins, eux aussi sont réceptifs au virus. Concernant leur sensibilité : "les infections expérimentales tendent à montrer la présence de lésions dues au virus, mais celles-ci nécessitent d'être confirmées." explique l'ANSES.
  • les chats sont réceptifs et sensibles au virus "avec une transmission intra-espèce, c'est-à-dire entre individus d'une même espèce, avérée. En revanche, il n'existe à ce jour pas de données scientifiques mettant en évidence une transmission du SARS-CoV-2 depuis le chat vers une autre espèce. Comme pour le chien, la survenue d'infections naturelles chez les chats par le SARS-CoV-2 intervient dans un contexte de forte pression virale, par contacts étroits avec leurs propriétaires atteints par la COVID-19."
  • Les furets et hamsters sont peuvent contracter et héberger le virus et montrer des signes d'infection au virus SARS-CoV-2. "Une transmission intra-espèce avérée. Cependant, il n'existe à ce stade pas de données scientifiques montrant une transmission du SARS-CoV-2 depuis ces animaux vers d'autres espèces, ni d'infection naturelle." ajoute l'ANSES.
  • Aucune infection expérimentale n'a pour le moment montré que les poulets, les dindes et les canards étaient réceptifs ou sensibles au SARS-CoV-2. Par ailleurs, aucune donnée d'infection naturelle n'a été enregistrée à ce jour.
  • les bovins et les porcs ne seraient pas sensibles au SARS-CoV-2, mais des études complémentaires s'avèrent nécessaires pour confirmer ou infirmer leur réceptivité au SARS-CoV-2.
  • Le vison est réceptif et sensible au SARS-CoV-2, avec une transmission intra-espèce avérée et inter-espèce présumée. "Les évènements survenus aux Pays-Bas et plus récemment au Danemark, sont en faveur d'une transmission-retour du virus à partir des visons infectés vers les humains. L'Agence souligne que la survenue de ces évènements de transmission depuis les visons infectés vers l'Homme est vraisemblablement à relier au contexte de forte pression virale due à une densité élevée de la population animale au sein de ces élevages."
  • Les tigres, lions et puma en captivité dans les parcs zoologiques sont des espèces réceptives et sensibles au SARS-CoV-2.

Quelles précautions prendre ?

Si l'Anses assure que les "animaux domestiques et sauvages ne jouent pas un rôle épidémiologique" dans la propagation du virus, elle explique que "la réceptivité de certaines espèces animales au SARS-CoV-2 étant désormais établie, le risque de constitution d'un réservoir animal existe". Ainsi, elle a établi une liste de recommandations de règles d'hygiène strictes :

  • Se laver les mains avec du savon après avoir touché un animal ou après entretien de sa litière, éviter les contacts étroits au niveau du visage.
  • Porter un masque en cas de manipulation d'un animal réceptif. 
  • Séparer les animaux des personnes malades ou présumées malades. "Les personnes atteintes par la COVID-19 doivent éviter tout contact étroit avec les animaux, sans pour autant compromettre leur bien-être. Lorsque le contact ne peut être évité (soins aux animaux par exemple), il leur est recommandé de porter un masque et de se laver les mains avant et après le contact avec les animaux."
  • Ne pas laisser l'animal lécher le visage.

"Il n'est pas utile de laver un animal qui sort en promenade".

Ne pas laver son animal avec n'importe quoi !

Dans son communiqué d'avril 2020, l'Anses avait expliqué qu'"il n'est pas utile de laver un animal qui sort en promenade". Elle avait aussi rappelé que "tout produit qui n'est pas adapté à l'animal ne doit en aucun cas être utilisé. Il peut nuire à votre animal comme à vous et votre entourage. L'usage de produits inadaptés (eau de javel...) voire agressifs pour l'animal, peut être assimilé à une véritable maltraitance et surtout ferait souffrir votre animal sans aucun bénéfice ni pour vous ni pour lui".

Sources 

Covid-19 : pas de rôle épidémiologique des animaux sauvages et domestiques dans le maintien et la propagation du virus en France -ANSES, 20 novembre 2020

Animaux de compagnie et Covid-19 Communiqué de l'Académie nationale de médecine 24 Mars 2020.

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