Lupus : ce nouveau traitement testé en France pourrait faire disparaître la maladie
55 000 personnes vivent avec un lupus en France. Cette maladie auto-immune ne se guérit pas actuellement mais une nouvelle thérapie innovante arrive à Clermont-Ferrand et annonce "un très gros changement" pour les patients, selon les médecins.
Et si le lupus ne se limitait plus à être "contrôlé", mais pouvait, dans certains cas, s’effacer durablement ? À Clermont-Ferrand, une nouvelle approche thérapeutique s’apprête à être testée chez des patients atteints de formes sévères de cette maladie auto-immune. Encore expérimentale en France, elle suscite beaucoup d’espoir chez les médecins, même si la prudence reste de mise à ce stade et que ses indications restent pour l’instant ciblées. Cette approche est actuellement déployée au CHU Gabriel-Montpied, comme l’a récemment rapporté France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.
Le lupus est une maladie complexe, dans laquelle le système immunitaire se dérègle et attaque l’organisme. Les symptômes varient d’une personne à l’autre : douleurs articulaires, atteintes de la peau, fatigue importante… Dans les formes les plus graves, certains organes comme les reins ou le cerveau peuvent être touchés. Aujourd’hui, les traitements visent à stabiliser la maladie et en limiter les poussées, mais ils ne permettent pas d’en guérir. "On cherche à calmer la maladie, à "l'éteindre", puis à éviter les rechutes" explique le docteur Ludovic Trefond du CHU Gabriel-Montpied à nos confrères. Beaucoup de patients vivent avec un traitement au long cours, parfois contraignant, nécessitant un suivi régulier en centre spécialisé. Et pour certains, c'est insuffisant.
C’est précisément pour ces situations difficiles qu’une nouvelle piste est explorée dans ce centre. Elle repose sur une technique déjà utilisée en cancérologie : les CAR-T cells. "C'est un traitement que l'on a copié à l'hématologie, poursuit le médecin. On prélève les globules blancs du patient, on les envoie en laboratoire pour les reprogrammer afin qu'ils ciblent les cellules responsables du lupus." Une fois réinjectées, ces cellules immunitaires modifiées vont agir directement sur les cellules responsables du lupus. Les médecins parlent d’une forme de "remise à zéro" du système immunitaire.
Si cette approche débute en France, elle a déjà été testée à l’étranger, notamment en Allemagne, avec des résultats qui "donnent beaucoup d'espoir". "Des patients qui prenaient plusieurs traitements ont pu les arrêter complètement. Les marqueurs de la maladie dans le sang ont disparu" partage le Dr Trefond. Des situations inédites dans le lupus. À Clermont-Ferrand, les premiers patients concernés seront ceux pour lesquels les traitements actuels ne fonctionnent plus suffisamment. Dans ce centre spécialisé, plusieurs centaines de personnes sont suivies pour un lupus, avec des formes parfois complexes.
Au-delà de l’innovation, c’est surtout le quotidien des patients qui est en jeu. Vivre avec un lupus implique souvent une fatigue persistante, des douleurs, et des traitements parfois lourds. Si cette nouvelle thérapie confirme son efficacité, elle pourrait alléger ces contraintes, voire, dans certains cas, permettre une rémission durable. Une perspective qui, pour beaucoup, semblait encore inaccessible il y a encore quelques années
