"C'est dramatique" : ce médicament pris par des millions de personnes fait grossir dès qu'on l'arrête

Si ces bienfaits santé ne sont plus à démontrer, beaucoup de patients le prennent sans imaginer qu'il montre rapidement ses limites lorsqu'il est arrêté.

"C'est dramatique" : ce médicament pris par des millions de personnes fait grossir dès qu'on l'arrête
© 123rf-fotofrol

Des effets "spectaculaires". Voilà un médicament qui suscite beaucoup de convoitises tant sa capacité à faire perdre du poids est impressionnante. Et ses bienfaits médicaux ne s'arrêtent pas là. De nombreuses études scientifiques ainsi que les médecins en vie réelle confirment qu'il régule la glycémie, améliore le cholestérol et réduit la tension artérielle. Mais gare aux conséquences lors de son arrêt, prévient le Dr Perry Wilson de l'Université Yale (USA) à la lecture de l'étude de chercheurs spécialisés dans l'obésité et les maladies métaboliques.

D'après leur analyse, les effets positifs du médicament ne sont pas durables en cas d'arrêt, notamment pour le poids alors que c'est généralement ce que recherchent les patients qui le prennent. Dans les faits, une personne qui stoppe ce traitement commence immédiatement à prendre du poids, même avec une alimentation équilibrée et de l'exercice physique. Plus cette prise de poids est importante, plus les bénéfices obtenus pendant le traitement disparaissent. "Les personnes qui reprennent beaucoup de poids voient leur tour de taille augmenter fortement, leur tension remonter et leurs paramètres du diabète se détériorer" détaillent les auteurs dans le JAMA Internal Medicine. "Je trouve cela incroyablement dramatique. Pour la plupart des gens, l'arrêt signifie un retour éventuel à l'état initial" partage le Dr Wilson sur Medscape.

Ce médicament est le tirzepatide. Il est commercialisé sous le nom de Mounjaro®. "Le tirzepatide permet une perte de poids d'environ 20% en un an" explique le Dr Wilson. Pour exemple, une femme de 80 kilos qui prend ce médicament peut perdre 16 kilos en un an, et descendre à 64 kilos. Le tirzepatide appartient à la famille des agonistes du récepteur au GLP-1 comme l'Ozempic® et le Wegovy®. 

Mounjaro
© Tod Novak

Ces médicaments connaissent une croissance sans précédent depuis leur commercialisation à l'aube des années 2020, particulièrement aux États-Unis. Là-bas, un simple surpoids avec un peu de cholestérol suffit à se faire prescrire la molécule "miracle" pour retrouver la ligne. En France, la situation est plus encadrée puisque ces traitements sont réservés aux personnes diabétiques et à celles présentant un IMC supérieur à 35 (contre 27 aux États-Unis).

En attendant d'en savoir plus sur leurs effets à long terme, le Dr Wilson "reste convaincu que cette classe de médicaments a quelque chose de très spécial à offrir, tant au niveau individuel que collectif". Le mieux, pour suivre son traitement sans risque, est de respecter la posologie donnée par le médecin, suivre le circuit classique de délivrance (pas d'achat sur Internet) et ne jamais arrêter un traitement sans avis médical.