Le pénis de certains hommes rétrécit après 50 ans : "Jusqu'à 5 cm en moins" selon ce médecin

Le Dr Antoine Faix, chirurgien urologue, explique pourquoi il ne faut surtout pas attendre pour consulter.

Le pénis de certains hommes rétrécit après 50 ans : "Jusqu'à 5 cm en moins" selon ce médecin
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Un pénis qui raccourcit de plusieurs centimètres, qui se déforme progressivement... C'est à peine croyable, mais c'est une réalité que vivent de nombreux hommes,"3 à 9 % des plus de 50 ans" selon le Dr Antoine Faix, chirurgien urologue et Président de l'Association Française d'Urologie (AFU). Le responsable : une maladie bien plus fréquente qu'on ne l'imagine qui reste pourtant largement méconnue du grand public.

Les corps caverneux du pénis sont entourés d'une membrane appelée l'albuginée, naturellement souple et extensible. C'est grâce à cette élasticité que le pénis peut se gorger de sang et augmenter de volume lors de l'érection. La maladie apparaît lorsqu'une plaque de fibrose se forme sur cette membrane. "Comme une cicatrice de brûlure au niveau de l'enveloppe du pénis", explique le Dr Faix. Cette zone devient alors rigide et empêche le tissu de s'étirer normalement : lors de l'érection, le pénis se courbe du côté de la zone de fibrose et peut même perdre en longueur. "De 2, 3, 4, voire 5 cm", affirme le médecin. Les symptômes varient d'un patient à l'autre : douleurs à l'érection, déformation de la verge, diminution de la rigidité. "Certains hommes ont tous les symptômes, d'autres seulement un ou deux."

Cette pathologie porte un nom : la maladie de Lapeyronie. Parmi les facteurs favorisants, l'hérédité peut jouer un rôle important : avoir un père ou un grand-père atteint de maladies fibreuses, "pas forcément au niveau de la verge, ça peut être des maladies au niveau des mains (maladie de Dupuytren) et des pieds (maladie de Ledderhose)". Les microtraumatismes liés aux rapports sexuels peuvent parfois aussi entraîner "une mauvaise cicatrisation" à l'origine de la plaque. Enfin, l'hypertension et le diabète seraient également des facteurs favorisant l'apparition de la maladie. La maladie de Lapeyronie n'engage pas le pronostic vital, et si elle est plutôt commune, les cas les plus avancés et handicapants restent rares.

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Néanmoins, ses répercussions psychologiques peuvent être dévastatrices. Certains patients voient leur verge se courber à 45°, 60°, voire 90°, rendant les rapports sexuels difficiles, parfois impossibles. Le Dr Faix parle d'un "handicap sexuel éventuellement très important". Pour un homme dont tout allait bien jusque-là, voir son corps se transformer quasiment du jour au lendemain peut déclencher une détresse profonde. L'urologue confie avec gravité : "J'ai des patients qui sont dépressifs et même qui ont des idées suicidaires. C'est vraiment une maladie très impactante sur le plan psychologique, mais aussi sur la partenaire." Un fardeau lourd à porter, surtout lorsque l'on sait que certaines personnes ont tendance à tout garder pour elles.

S'il n'existe pas de traitement curatif, une prise en charge existe et cible les trois types de symptômes : douleur, rigidité et déformation. Pour la douleur, les anti-inflammatoires, les ondes de choc à basse intensité ou les injections d'acide hyaluronique peuvent apporter un soulagement réel. Quand les troubles de l'érection persistent, "on peut donner des médicaments de la famille des inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 comme le sildénafil, tadalafil, vardénafil, avanafil". En dernier recours, après au moins six mois de stabilité sans amélioration, une intervention chirurgicale pour correction de la déformation, voire, dans certains cas la pose d'un implant pénien, peut être envisagée. Le message du Dr Faix est clair : "Il faut consulter et il ne faut pas attendre trop longtemps. Il y a des options thérapeutiques pour améliorer la situation et éviter l'aggravation."