Le papillomavirus bientôt détectable dans le sang des règles ?

Une étude suggère qu'un simple prélèvement pendant les menstruations pourrait, à terme, faciliter le dépistage du virus HPV, impliqué dans certains cancers chez la femme.

Le papillomavirus bientôt détectable dans le sang des règles ?
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Fini le frottis ? Le dépistage du papillomavirus humain (HPV), principal responsable du cancer du col de l'utérus, pourrait évoluer vers une méthode plus simple et moins contraignante. Selon une vaste étude publiée début 2026 dans le BMJ, l'analyse du sang menstruel permettrait de détecter le virus avec une fiabilité proche de celle du prélèvement cervical classique.

Aujourd'hui, le dépistage repose sur un test HPV ou un frottis réalisé au niveau du col de l'utérus par un professionnel de santé, souvent le gynécologue ou la sage-femme. Bien qu'efficace, cet examen peut rester source de gêne, d'inconfort ou d'appréhension. Pour certaines femmes, ces freins, associés à des difficultés d'accès aux soins ou à un manque de temps, conduisent à retarder, voire à éviter le dépistage. C'est dans ce contexte que des chercheurs chinois ont exploré une alternative : utiliser le sang des règles comme support de dépistage. Entre 2021 et 2025, 3 068 femmes âgées de 20 à 54 ans, vivant en zones urbaines et rurales de la province du Hubei, ont été incluses dans cette étude populationnelle. Toutes présentaient des cycles menstruels réguliers.

Chaque participante a fourni trois types d'échantillons : du sang menstruel auto-collecté à l'aide d'un petit dispositif stérile fixé sur une serviette hygiénique, un prélèvement cervical réalisé par un clinicien pour le test HPV, ainsi qu'un échantillon destiné à l'analyse cytologique. En cas de résultat positif, des examens complémentaires (colposcopie et biopsie) étaient réalisés afin de confirmer la présence de lésions précancéreuses du col de l'utérus, appelées CIN2 ou plus. Les résultats montrent que le test HPV effectué à partir du sang menstruel atteint une sensibilité de 94,7 % pour détecter ces lésions à haut risque, contre 92,1 % pour le prélèvement cervical classique. La spécificité est légèrement inférieure, mais la valeur prédictive négative est identique dans les deux méthodes (99,9 %). En pratique, cela signifie qu'un test négatif est tout aussi rassurant, quelle que soit la technique utilisée.

Schéma HPV
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Pour les chercheurs, cette approche pourrait constituer un levier important pour améliorer la participation au dépistage, notamment chez les femmes qui renoncent à l'examen gynécologique. Le prélèvement pourrait être réalisé à domicile, pendant les règles, sans consultation médicale immédiate. L'étude évoque également la possibilité d'un suivi numérique, avec transmission des résultats et des recommandations via une application mobile.

Les auteurs soulignent toutefois que ces résultats doivent être confirmés. L'étude étant observationnelle, des travaux supplémentaires seront nécessaires avant d'envisager une intégration de cette méthode dans les programmes de dépistage existants. À ce stade, le dépistage du HPV par le sang menstruel ne remplace pas les examens recommandés, mais ouvre une piste prometteuse vers un suivi plus accessible et centré sur les patientes.